Genève

La manifestation anti-G7 aura lieu Rive droite ou pas du tout

27.05.2026 18h34 Laure Lugon, Clément Vuagnat

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Le Conseil d’État a arrêté le tracé de la manifestation du 14 juin. Cette autorisation ne réjouit pas la droite parlementaire. De leur côté, les activistes de NoG7 réservent leur réponse.

À trois semaines du Sommet du G7 à Evian, le Conseil d’État avance lentement, selon un rituel désormais connu: ce mercredi, il était question devant la presse du tracé qu’il a arrêté pour la grande manifestation du 14 juin qui fait suer Genève depuis des semaines. Comme annoncé la semaine dernière et malgré une énième négociation avec les opposants au Sommet, il confirme avoir autorisé un parcours restreint à la Rive droite, mais conséquent.

La nouveauté, c’est un tracé désormais arrêté: départ du parc Mon Repos, puis quai du Mont-Blanc, rue de la Servette, Nations, et retour par l’avenue de France. La manif ne pourra démarrer qu’à 16 heures, votations obligent. Le gouvernement reste ferme sur l’interdiction de passer le pont du Mont-Blanc, si cher aux activistes. Son accès sera totalement bloqué, mais Carole-Anne Kast ne dévoile pas selon quelles modalités et pour combien de temps. Par ailleurs, le gouvernement a aussi exclu un village alternatif au parc des Cropettes et l’a fait savoir à la Ville.

«Si ce parcours ne leur convient pas ou s'ils refusent finalement l'autorisation que nous leur délivrons, nous la révoquerons purement et simplement»

Le gouvernement a fait cette offre à la coalition NoG7 hier soir. Celle-ci, intransigeante depuis le début, avait prévenu: en cas de tracé jugé restreint, elle abandonnerait l’organisation de la mobilisation, laissant planer la menace de manifestations sauvages. Interrogée sur cette nouvelle offre, elle a fait savoir à Léman Bleu qu’elle avait besoin d’une semaine pour se déterminer. La patience de Carole-Anne Kast pourrait toutefois avoir une limite: «Nous ne pouvons pas les forcer à accepter ce parcours, évidemment, ni leur responsabilité d'organisateur, d'ailleurs. Mais pour nous, c'est très clair, si ce parcours ne leur convient pas ou s'ils refusent finalement l'autorisation que nous leur délivrons, nous la révoquerons purement et simplement.»

«Nous sommes nous-mêmes, à titre personnel, inquiets»

La conseillère d’État socialiste est sous le feu des critiques depuis des semaines. Les camarades lui reprochent de trahir son camp et la droite, d’être laxiste avec les manifestants. Hier soir déjà avec NoG7 et aujourd’hui devant la presse, Nathalie Fontanet s’est donc portée en soutien de sa collègue socialiste et fait part de ses craintes: «Le Conseil d'État est conscient des inquiétudes au sein de la population. Nous sommes nous-mêmes, à titre personnel, inquiets. Moi, je ne suis pas une fanatique des manifestations. J'aime la sécurité, j'aime l'ordre. Je crois que c'est important de le rappeler à la population aussi. Nous avons cette même préoccupation que d'assurer la sécurité.»

«L'interdiction, il aurait fallu qu'elle arrive, mais il y a des semaines et des semaines»

Selon l’analyse de la police à laquelle se réfère le Conseil d’État, les risques seront mieux maîtrisés si la manifestation est autorisée et encadrée. D’où cette autorisation, mais Rive droite uniquement. Le gouvernement assure par ailleurs veiller à ce que le village alternatif à Annemasse ne déborde pas à Genève. Il veut empêcher la connexion de deux manifestations, et assure que la Rive gauche sera tout autant surveillée par les forces de l’ordre que la Rive droite.

Cependant, cette position ne convainc pas la droite parlementaire, qui dénonce un flottement néfaste du gouvernement depuis des semaines: «L'interdiction, il aurait fallu qu'elle arrive, mais il y a des semaines et des semaines, réagit le député PLR Geoffray Sirolli. Et c'est depuis tout ce temps qu'on appelle au Conseil d'État à avoir un cap et à interdire cette manifestation. Il y a des semaines qu'on aurait dû décider là-dessus.»

Demain soir, le Grand Conseil se réunira en séance extraordinaire, sur proposition du PLR pour interdire la manifestation. Le sort du cortège est désormais en mains du parlement.