La salle du Grand Conseil connaît une cure de jouvence avec la Session des Jeunes
Mercredi encore ils accueillaient les conseillers municipaux mais cette fin de semaine, les fauteuils du Grand Conseil vivent une cure de jouvence. 70 adolescents et jeunes adultes participent à la Session des Jeunes, une simulation parlementaire. L’événement reproduit le fonctionnement du Grand Conseil: rédaction d’un texte en commission, débat en plénière, proposition d’amendements, et vote. Récit d’une journée.
Une session parlementaire – même fictive – ça se prépare. Depuis mercredi matin, les 70 participants à la session des jeunes potassent leurs sujets.
La commission droits politiques est la première à tenter de convaincre avec son projet: l’inéligibilité pour les candidats et candidates politiques qui ont réalisé certaines infractions pénales.
Des politiciens expérimentés pour accompagner les participants
Avant de plaider en plénum, les élus en herbe ont sollicité l’aide de politiciens aguerris. Pour cette thématique, Alia Chaker Mangeat du Centre et Jean-Pierre Pasquier du PLR sont venus distiller quelques conseils. Ils se disent admiratifs des participants et participantes.
«Je suis très impressionnée par leur engagement. Beaucoup sont très jeunes, encore au collège, et au vu de leurs préoccupations, leurs idées, je trouve qu’ils sont déjà très matures» se réjouit la première.
«Je suis très enthousiaste de voir qu’aujourd’hui, des jeunes s’intéressent au système politique. Et pour avoir échangé avec quelques-unes et quelques-uns, ils suivent les activités, les travaux du Parlement» ajoute le second.
Huit idées débattues par les jeunes
Les autres propositions visent par exemple l’instauration de vignettes pour les SUV, la création d’un demi-tarif culture pour les jeunes, ou encore l’abolition des notes dans l’enseignement obligatoire et postobligatoire. Et certaines idées vont encore plus loin:
«Des bodycams sur chaque policier, allumées en permanence, et diffusées en live sur la plateforme Twitch» sourit Max, participant et membre de la commission Police et Sécurité.
Le Parlement des Jeunes Genevois (PJG) organise cet événement pour la sixième fois. Emma fait partie de l’équipe encadrante.
«Les jeunes travaillent en groupe de dix, sur une thématique, et ils développent une pétition. En tant que modérateurs on est là pour diriger la discussion, s’assurer qu’on respecte les délais pour arriver à une proposition dans les temps. On aide les jeunes à soumettre une proposition fiable» détaille Emma Chambers, membre du PJG et bénévole pour l’événement.
Une simulation qui encourage les vocations
Les participations sont ouvertes aux jeunes dès 15 ans, de quoi leur donner un aperçu de la vie politique, avant de pouvoir voter ou être élu. Ce qui est sûr, c’est que l’intérêt pour la chose publique est bien là:
«Je pense que l’année prochaine, je vais tenter de plus m’impliquer au niveau communal et peut-être, plus tard, aller au niveau cantonal, on verra» sourit Alice, 17 ans.
Elle a défendu la proposition de sa commission sur l’inéligibilité des candidats aux élections. Résultat:
«Par 46 oui, neuf non et trois abstentions, la pétition de la commission droits politiques est acceptée» déclare le président de la séance – également président du Parlement des Jeunes. La salle applaudit.
Les sept autres objets seront débattus ces jeudi et vendredi. Les propositions acceptées par les jeunes seront déposées sous forme de pétition au Grand Conseil.