«La seule solution pour garantir la sécurité, c’est le pont du Mont-Blanc»
Le bras de fer continue entre la coalition No-G7 et le Conseil d’État à propos de la manifestation anti-G7 du 14 juin. Au cœur du désaccord: le pont du Mont-Blanc, que les organisateurs jugent indispensable au parcours du cortège.
La rencontre entre les représentants de No-G7 et la conseillère d’État chargée de la sécurité Carole-Anne Kast n’a pas permis de trouver d’accord jeudi soir. Le Conseil d’État a autorisé la manifestation, mais uniquement sur la rive droite. Une décision que refuse Teo Frei, militant de SolidaritéS et membre de la coordination No-G7: «Pour nous, il y a une seule solution de parcours qui est raisonnable, qui nous permet de la visibilité, de la symbolique et de la sécurité pour tout le monde.»
«Le pont du Mont-Blanc, c’est ça Genève»
La coalition réclame un parcours passant par les quais et le pont du Mont-Blanc. Un axe jugé essentiel pour la portée symbolique de la manifestation. «C’est fondamental de pouvoir manifester à Genève, dans cette ville, explique Teo Frei. Le pont du Mont-Blanc, c’est ça Genève. Et si on veut manifester à Genève, évidemment, ça passe par ce pont.»
Les organisateurs estiment également que ce tracé est le plus adapté pour accueillir une mobilisation importante contre la venue des dirigeants du G7 dans la région. «Il y a vraiment une contestation qui est en train de monter, revendique le membre de la coordination No-G7. Et pour que cette contestation se passe dans les meilleures conditions possibles, et ça c’est notre but, le parcours doit être large.»
Selon Teo Frei, limiter le cortège à la rive droite pourrait au contraire créer des tensions: «Si on est confinés sur une rive, forcément de nombreuses personnes voudront se rendre sur le pont du Mont-Blanc, donc on risque de nouveau d’avoir des problèmes. La seule solution pour garantir la sécurité, c’est de passer sur le pont du Mont-Blanc.»
Le souvenir du G8 de 2003
Les autorités genevoises craignent une répétition des débordements du G8 d’Évian en 2003. Un parallèle rejeté par le militant: «2003, c’est surtout une grande manifestation pacifique, large, qui s’est bien déroulée.» Il regrette que l’attention soit encore portée sur les violences et les déprédations. «Là, on entend tout le temps dans les médias, les vitrines cassées. Mais en fait, ça, c’est vraiment qu’un petit aspect de la mobilisation.»
Teo Frei assure vouloir une mobilisation pacifique et accessible à tous: «On veut que de nombreuses personnes manifestent, y compris des familles, des personnes à mobilité réduite.»
«Manifester, c’est un droit démocratique»
Autre sujet de discorde: le village militant que les organisateurs souhaitent installer en extérieur avec stands, conférences et ateliers. «Ce qu’on voulait faire, c’était des stands, des tables rondes, des ateliers dans l’herbe», explique Teo Frei. Mais le refus des autorités est jugé incompréhensible par le militant: «Personne n’arrive à comprendre quel est le danger à peler des carottes, à faire des discussions dans un parc.»
No-G7 prévoit une nouvelle conférence de presse mardi avant une rencontre avec Carole-Anne Kast en soirée. La coalition continue aussi de préparer un recours juridique.