Genève

Lac Léman: une eau limpide, mais des menaces invisibles

26.06.2026 18h31 Lucie Hainaut

Lac Léman Lac Léman

Le Léman paraît en excellente santé. Pourtant, sous sa surface, de nouveaux défis inquiètent les scientifiques. Réchauffement climatique, micropolluants ou encore espèces invasives: la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) a fait le point ce vendredi sur l'état du lac et les priorités des prochaines années.

L'été venu, les rives du Léman ne désemplissent pas. Baigneurs, nageurs et amateurs de sports nautiques profitent d'une eau claire, bien loin des images des années 1970, lorsque les algues proliféraient sous l'effet de la pollution au phosphore. 

À première vue, le lac semble avoir retrouvé toute sa santé.

Des pollutions que l'on ne voit plus

Mais les menaces ont changé. Elles sont désormais beaucoup moins visibles: «Aujourd'hui, on est passé à des pollutions invisibles. On parle beaucoup des micropolluants, des résidus de médicaments ou encore des substances issues de l'industrie que l'on retrouve dans le lac», explique Patrice Eschmann, chef de l'Office fédéral de l’environnement et président de la CIPEL.

«À cela s'ajoute le changement climatique: le lac se réchauffe et ne se brasse plus comme il devrait. Ce sont des changements profonds qui affectent la biodiversité, même si les citoyens ne s'en rendent pas forcément compte lorsqu'ils sont au bord de l'eau» énumère-t-il.

Pour mieux comprendre ces phénomènes, la CIPEL a réuni vendredi matin des spécialistes suisses et français. L'objectif: faire le point sur les connaissances scientifiques et sur les actions à mener.

Les micropolluants, un défi scientifique

Les micropolluants constituent aujourd'hui l'un des principaux sujets de recherche.

«Nous sommes encore au début des études pour certains d'entre eux. Nous avons besoin de la communauté scientifique pour mieux comprendre leurs effets sur l'environnement», souligne Nicolas Walder, conseiller d’État en charge du Territoire à Genève.

Des recherches sont également menées avec les Services industriels de Genève (SIG) afin d'améliorer le traitement des eaux usées.

«Mais le traitement des eaux usées n'est pas la solution à tout. Certains micropolluants sont très difficiles à éliminer», rappelle l’élu Vert.

Un enjeu majeur pour Genève

L'état du Léman ne concerne pas uniquement les amateurs de baignade. Il touche directement la population genevoise. Environ 80% des habitants du canton consomment une eau potable prélevée dans le lac. Mieux comprendre son évolution est donc devenu un enjeu environnemental, mais aussi sanitaire.

Pour renforcer le partage des connaissances, la CIPEL prévoit de lancer d'ici un an une plateforme baptisée Observatoire du Léman.

«Nous allons mettre en ligne de manière interactive toutes les données de la CIPEL, les études réalisées et les différents bulletins scientifiques, afin de mieux informer les autorités, les acteurs publics et les responsables politiques sur les nouveaux enjeux du Léman» explique la Dre Nicole Gallina, Secrétaire générale de la CIPEL.

Un lac sous surveillance

Après avoir remporté la bataille contre l'excès de phosphore il y a plusieurs décennies, la protection du Léman entre dans une nouvelle phase.

Réchauffement des eaux, micropolluants ou encore prolifération d'espèces invasives comme la moule quagga constituent désormais les principaux défis auxquels devront répondre les scientifiques et les autorités des deux côtés de la frontière.