Le Conseil d’État veut juguler les subsides: notre débat
L’indexation des subsides d’assurance maladie bientôt coupée? C’est la volonté du Conseil d’État, mais cette mesure d’économie doit passer la rampe du Grand Conseil. Deux députés en débattent.
L’exécutif genevois a annoncé ce mercredi vouloir supprimer l’indexation automatique des subsides d’assurance maladie. Mise en place dès 2027, elle permettrait d’économiser 62 millions de francs en trois ans. Une proposition fait grincer à gauche: «La population est assaillie par les augmentations de primes, réagit Mathieu Jotterand, chef du groupe PS au Grand Conseil. Cette indexation des subsides est nécessaire pour la population qui peine à toucher les deux bouts. C’est une position purement dogmatique de la droite.»
Pierre Nicollier, président du PLR Genève, ne se dit pas contre les subsides, mais dénonce «des charges contraintes»: «À aucun moment on veut réduire les subsides, ce que l’on dit c’est que l’on ne veut pas qu’ils augmentent automatique.» Il cite l’exemple de la sécurité, où davantage de financements seraient nécessaires d’après lui.
Un référendum envisagé
«Indexer au coût de la vie, ce n’est pas les augmenter à proprement parler, c’est refuser qu’ils baissent», répond Matthieu Jotterand. Sur la question du financement du recrutement de fonctionnaires, le député préfèrerait une augmentation des revenus fiscaux: «Le PLR s’est borné à faire des cadeaux fiscaux structurels dans une bonne forme conjoncturelle», tacle-t-il.
«Nous devons fixer nos priorités dans le temps», rétorque Pierre Nicollier. Le député rappelle que la population a voté fin 2024 la réforme EFAS, visant à harmoniser le financement des soins. Pour rappel, dès 2028, cantons et assureurs financeront les prestations ambulatoires et stationnaires via une répartition unique. «On sait que ça va augmenter la charge assumée par le canton, avec une augmentation moindre des assurances maladie, donc nous avons besoin de souplesses et ce système sclérosé avec ces charges contraintes va nous amener dans le mur.»
Quelles solutions? Le PS a lancé le 25 novembre dernier une initiative pour des primes maladie liées au revenu, rappelle Matthieu Jotterand. Pierre Nicollier appelle, lui, à travailler sur les coûts de la santé.
Si cette proposition venait à être acceptée par le Grand Conseil, la gauche lancera un référendum sur ce sujet, annonce le chef du groupe PS. «Le peuple pourra décider s’il préfère avoir une augmentation d’impôts et garder ses subsides, ou s’il préfère avoir un État plus agile.» Affaire à suivre, donc.