Genève

Le Grand Conseil genevois fait confiance au gouvernement

28.05.2026 23h01

Le Grand Conseil genevois fait confiance au gouvernement

Le Grand Conseil genevois a refusé jeudi soir d'interdire une manifestation le 14 juin, en marge du Sommet du G7, comme le voulait le PLR. Pendant ce temps, environ 150 personnes ont défendu le droit de manifester .

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Le Grand Conseil refuse d'interdire toute manifestation anti-G7 à Genève. Par 55 non et 42 oui, il a rejeté jeudi soir le projet de loi ad hoc du PLR. De facto, une majorité a ainsi apporté son soutien au Conseil d'Etat.

Ce projet de loi visait à interdire toute manifestation au centre-ville en lien avec le G7 qui aura lieu à Evian-les-Bains (F) du 15 au 17 juin. "Sans notre projet de loi et notre demande de session extraordinaire, nous serions encore dans la tergiversation, malgré l'inquiétude de la population", a déclaré d'emblée le PLR Jean-Pierre Pasquier.

Mercredi, le gouvernement a autorisé une manifestation le 14 juin et fixé son tracé sur la rive droite exclusivement. La coalition No G7, qui réunit une soixantaine d'organisations, prendra position mardi soir sur les conditions qui lui sont imposées. Mais la magistrate en charge de la sécurité Carole-Anne Kast avait assuré mercredi que l'autorisation sera révoquée en cas de refus.

"Capitale des casseurs"

"Le Conseil d'Etat doit convaincre que la situation est sous contrôle. Ce soir, le doute persiste", a affirmé M. Pasquier. Craignant les débordements et pillages qui se sont produits lors du G8 de 2003, la droite a mis en avant la sécurité des habitants et des commerçants. Pour le MCG François Baertschi, "Genève ne doit pas devenir la capitale des casseurs", tandis que l'UDC Stéphane Florey a déploré "la complaisance" de la magistrate à l'égard de certains milieux.

"No G7 n'est prêt à aucune concession et pose des exigences excessives", a déploré Jean-Marc Guinchard, député du Centre, alors que des manifestants donnaient de la voix à l'extérieur du Parlement. Environ 150 personnes ont à nouveau demandé à pouvoir défiler autour de la rade en passant par le pont du Mont-Blanc. Ils ont hué et sifflé Mme Kast ainsi que les députés PLR à leur arrivée.

Responsabilité de l'exécutif

La gauche a plaidé pour le droit fondamental à manifester. "La majorité confond manifestants et casseurs, qui ne vont pas demander d'autorisation", a souligné Cyril Mizrahi. Son collègue de parti Sylvain Thévoz a accusé la droite de vouloir "créer les conditions du chaos et de l'insécurité pour restreindre, à terme, le droit de manifester." Pour les deux partis, la réelle violence provient des politiques meurtrières et délétères menées par le G7.

Une majorité s'est dégagée pour reconnaître que "la police considère que la meilleure solution est d'autoriser une manifestation", comme l'a relevé M. Mizrahi. "La responsabilité politique et opérationnelle revient au Conseil d'Etat", a admis Vincent Canonica, de Libertés et justice sociale, mais la formation aurait voulu faire passer des conditions strictes aux manifestants.

Pour une fan zone

"Le Conseil d'Etat, solidaire, a pris ses responsabilités, a fait une pesée d'intérêts dans des circonstances exceptionnelles et écouté les experts", a répliqué Carole-Anne Kast après deux heures d'un débat de plus en plus houleux. "Il n'y a pas de garantie absolue, mais la décision prise vise à minimiser les risques", a relevé la magistrate socialiste, entourée par quatre de ses collègues

Sur les quatre motions à l'ordre du jour, celles visant à "tirer les leçons de 2003" et à protéger Genève contre les émeutes et autres excès ont, elles aussi, été rejetées. En revanche, le Grand Conseil a accepté le texte demandant au Conseil d'Etat d'autoriser une grande fan zone au centre-ville lors de la Coupe du monde de foot ainsi que celui l'enjoignant à mettre en place un dispositif pour la protection temporaire des commerces