Le Romanche s'invite au collège de Candolle
L’Emna Rumantscha, la semaine internationale de la langue romanche, débute ce lundi. Elle commémore le 20 février 1938, date à laquelle le romanche est devenu la quatrième langue nationale suisse. Cette année, une partie du programme s’est tenue pour la première fois à Genève.
Au collège de Candolle, la matinée commence par un poème en romanche d’Angelika Overath: «Ingio naiva mia naiv? Ingio fluischa meis flüm?». Il parle de neige et de montagnes.
Face à l’orateur, une classe de 3e année découvre une langue encore inconnue pour la plupart.
Une découverte pour les élèves genevois
Après la poésie, place aux échanges. Les élèves s’essaient à quelques salutations usuelles et partagent leurs impressions.
«La forme des mots est différente du français», remarque Adrien.
«Je ne connaissais pas du tout, alors que j’habite en Suisse», s’enthousiasme Emilie.
À la fin de la matinée, certains retiennent déjà quelques expressions: «grazia», pour dire merci. Un premier pas vers une langue parlée par environ 60'000 personnes, principalement dans les Grisons. À Genève, 242 habitants déclarent le romanche comme langue principale.
Promouvoir le plurilinguisme et la cohésion nationale
L’Emna Rumantscha vise à mettre en lumière la richesse linguistique du pays et à renforcer la cohésion nationale. Pour ses organisateurs, la distance géographique entre Genève et les Grisons ne doit pas masquer la proximité culturelle.
«Géographiquement il y a une certaine distance, mais culturellement nous sommes très proches. Ça va vaut la peine de comprendre le romanche, peut-être l’apprendre… Venez chez nous», lance Alberto Palaia, délégué au plurilinguisme du canton des Grisons.
Le romanche jusque dans les trains
La promotion ne s’arrête pas aux salles de classe. Jusqu’au 1er mars, des annonces en romanche sont diffusées dans les trains reliant Genève à Coire. Une manière originale d’initier les voyageurs à la langue dès leur embarquement.
L’Emna Rumantscha rappelle que le romanche, reconnu langue nationale depuis 1938, fait pleinement partie de l’identité suisse.