Le canton s’attaque aux dangers cachés du Rhône
Les rives du Rhône font l’objet d’une vaste opération d’entretien. Le canton retire les arbres morts et les branches immergées qui présentent un danger pour les baigneurs et les amateurs de descente du fleuve. L’objectif est d’améliorer la sécurité tout en préservant au mieux les habitats naturels de la faune aquatique.
À bord d’une barge, un tracteur forestier extrait des troncs et des branchages coincés le long des berges avant de les déplacer dans le lit du fleuve.
Cette intervention vise avant tout à réduire les risques pour les usagers du Rhône. Les branches immergées peuvent provoquer des crevaisons lors des descentes en canot gonflable, ou accrocher des équipements de sécurité.
Des branches immergées qui représentent un risque
«Nous constatons notamment des risques liés à la descente du Rhône en pneumatiques, avec un danger accru de crevaison. Il y a également tout ce qui concerne les bouées de sauvetage et les leash des paddle, qui peuvent s'accrocher dans les branches immergées», explique Alexandre Brahier, porte-parole de la police cantonale.
En 2024, une dizaine de personnes au moins ont dû être secourues après s’être retrouvées bloquées dans des arbres tombés dans le fleuve.
Préserver la biodiversité tout en sécurisant le fleuve
L’opération a été pensée pour limiter au maximum son impact sur l’environnement. Seules les parties présentant un risque réel sont retirées: «Il a été décidé de ne couper que les éléments situés sous l'eau, à une profondeur maximum de 1,50 mètre sous le niveau des basses eaux» détaille Julien Stein, responsable programmes forêts et cours d'eau à l’État de Genève.
Les structures immergées plus profondes sont conservées. Elles constituent des refuges précieux pour les poissons et participent à la biodiversité du Rhône.
Les troncs extraits des zones sensibles sont déplacés loin des lieux de baignade. Quant au bois flottant, il est découpé puis laissé au courant afin qu’il se dépose plus en aval.
Une intervention ciblée sur la rive droite
Les travaux se concentrent sur le secteur compris entre le pont Sous-Terre et la zone après le pont ferroviaire de la Jonction, dite Sous-Cayla: «Pour le moment, nous n'intervenons que sur la rive droite, qui est la partie la plus accidentogène» résume Julien Stein.
Une seconde phase pourrait être menée ultérieurement entre le site de Sous-Cayla et le pont Butin, à une période plus favorable pour la faune piscicole.
Les travaux doivent se poursuivre tout au long de la semaine afin de permettre aux Genevois de profiter du Rhône dans les meilleures conditions de sécurité durant l’été.