Le monde économique genevois réagit à la vague bleue des Midterms
Une vague bleue qui était attendue mais dont l’ampleur a déjoué les pronostics lors des Midterms. Le congrès américain est désormais en mains démocrates. Quelles conséquences désormais sur le terrain et notamment sur le plan économique. A Genève, on est prudemment confiant.
Raz-de-marée bleu aux Etats-Unis. Les démocrates raflent les sièges de plusieurs bastions conservateurs. Le Sénat comme la Chambre des représentants sont désormais à majorité démocrate. Les chancelleries occidentales poussent un ouf de soulagement, l’économie aussi, mais sans euphorie. Les secousses outre-Atlantique ont habitué tout le monde à la prudence.
Pour Ivan Slatkine, président de la FER Genève, il est difficile de dire si c’est une bonne nouvelle: «On verra quelle politique souhaitent mettre en application les démocrates ou comment ils vont contrer les décisions de Donald Trump. Maintenant c'est une bonne nouvelle pour la démocratie, c'est une bonne nouvelle pour le monde parce que depuis deux ans Donald Trump a apporté que de l'instabilité, de nouveaux conflits, des décisions complètement farfelues et on va avoir maintenant un réel contre-pouvoir aux Etats-Unis qui va pouvoir s'opposer aux décisions de Donald Trump.»
Mais le président possède aussi un droit de véto. La possibilité de blocages ne peut pas être exclue. En matière de droits de douane, actuellement fixés à 12,5% sur les importations en provenance de Suisse, la suppression est peu probable. À la Fédération des entreprises romandes, on rappelle que le protectionnisme ne date pas de Donald Trump.
Des marchés financiers sous tension
«Mais je ne peux pas vous dire que c'est fantastique, qu'il n'y aura plus de droits de douane. On verra la situation des États-Unis, un endettement massif. Ils doivent trouver des solutions budgétaires. On verra ce que souhaitent faire les démocrates. Le pouvoir du président américain est très large. Il peut gouverner par décret, ce sera beaucoup plus compliqué. On peut imaginer qu'il va quand même se calmer un peu. On peut imaginer qu'il y aura moins de pression sur les droits de douane. Mais enfin, les démocrates ne sont pas non plus les chantres du libéralisme comme on a pu le connaître par le passé. Joe Biden avait pris des mesures ou il avait maintenu des mesures de Donald Trump. Donc il ne faut pas s'attendre non plus à des miracles», complète Ivan Slatkine.
Chroniqueur financier et youtubeur, Thomas Veillet était à l’affût, debout à trois heures du matin, afin d’observer les marchés financiers. «On a observé d'abord une grosse panique sur les marchés dans les premières minutes, en se disant attention, il va y avoir des changements au niveau politique, au niveau des data centers. Donc, l'IA était sous pression. On s'est dit Trump va être très déçu de sa défaite, donc il pourrait être méchant, il pourrait faire des menaces, il pourrait se venger en attaquant l'Iran, on peut imaginer tout ce qu'on voulait. Donc le marché était très tendu, on était en baisse de 2,3% cette nuit. Et puis tout d'un coup il a accepté sa défaite, il a dit que les démocrates avaient fait des sujets. Super boulot et le marché a remonté comme jamais. On a remonté quasiment 3% en l'espace de 30 ou 40 minutes.»
Les traders en matière première, qui font davantage de profits dans un climat géopolitique tendu, peuvent dormir tranquille.
«La victoire des démocrates ne change absolument rien à la problématique. Il ne faut pas oublier que Trump est un président qui fonctionne par décret. Donc, il prend des décisions unilatéralement. Il a encore beaucoup de pouvoir et il va continuer à faire ce qu'il a envie de faire. Il peut encore agir sur les droits de douane. Il peut encore agir sur le côté militaire. Donc, on a encore bien des choses à discuter. Et je pense que la volatilité sur les matières premières qui arrange généralement ces sociétés de trading ne va pas s'arrêter demain matin. Donc, je pense que là, on ne va pas commencer à changer le système fiscal à Genève. Juste pour ça, je pense qu'on est tranquille», poursuit Thomas Veillet.
Les incertitudes ne se sont pas estompées la nuit dernière. Iran, Ukraine, c’est loin d’être terminé. Mais l’économie genevoise, comme le monde politique, espère un retour à une forme d’équilibre.