Le pavillon Sicli devient monument éphémère dédié à Simone Weil
Du 31 mars au 16 juin, le pavillon Sicli devient le pavillon Simone Weil. L’artiste suisse Thomas Hirschhorn occupe les lieux avec une démarche participative. Il invite les habitants du quartier, des classes genevoises et tous ceux qui le souhaitent à coconstruire un monument éphémère à la mémoire de la philosophe française.
De l’extérieur, on ne peut pas le louper: il se passe quelque chose au pavillon Sicli. Une fois les grilles franchies, on retrouve des pancartes sur Simone Weil et ses écrits.
Simone Weil, pas Simone Veil: la philosophe et non la femme politique française.
Cette proposition est l’œuvre de l’artiste suisse Thomas Hirschhorn: «J’aime sa philosophie, sa vie, sa radicalité, sa singularité, et je trouve que cette artiste a beaucoup de choses à nous apprendre aujourd’hui» résume-t-il.
Les souvenirs font monument
Le projet: cocréer un monument éphémère pour la philosophe. Des broderies, des lectures de textes de Simone Weil, la création de pancartes… Mais aussi des boissons, et des repas quotidiens.
«La mémoire accumulée, les souvenirs, les rencontres qu’on a faites, le temps qu’on a passé ici: c’est ça le monument, c’est cela qui crée la mémoire! Et c’est pour cela que c’est un monument. Comme un monument classique, même s’il n’est pas basé sur le matériel mais sur les rencontres, les moments qu’on a vécus ici» explique le plasticien.
Artistes et habitants mettent la main à la pâte
D’autres artistes ont été conviés par Thomas Hirschhorn pour mettre leur pierre à l’édifice, comme la graffeuse Amikal: «J’ai été mandatée pour faire une peinture, je suis curieuse de voir le résultat en juin. C’est évidemment flatteur de faire partie de ce projet, on fait partie d’une grande fourmilière, et on va voir ce que ça va donner» sourit-elle.
Pas nécessaire d’être artiste pour participer: tout le monde peut contribuer à la création de ce monument éphémère, comme Pascal: «J’ai une activité poétique. Je demande aux femmes leur prénom, et j’écris une anagramme. Le lien c'est que Simone Weil était une philosophe, mais aussi une littéraire» explique le participant, enthousiaste.
Thomas Hirschhorn est présent tous les jours de 10h à 22h, le projet dure au total 78 jours. Il se veut une œuvre d’art vivante accessible à tous.