Les 20-30 ans sont de plus en plus touchés par le cancer colorectal
Mars bleu est dédié à la sensibilisation au cancer colorectal. Aux HUG, le Dr Thibaud Koessler alerte sur une tendance préoccupante: l’augmentation des cas chez les jeunes adultes de 20-30 ans.
Les Hôpitaux universitaires de Genève profitent du mois de mars pour rappeler l’importance du dépistage du cancer colorectal. «On peut dépister le cancer colorectal et donc on peut essayer de guérir», explique le Dr Thibaud Koessler, responsable de l’unité des tumeurs digestives aux HUG.
Mais une évolution récente inquiète les spécialistes. Une étude récente publiée montre une hausse progressive des cas, d’environ 0,5% par an, chez les jeunes adultes. Une tendance déjà observée ailleurs. «Les chiffres américains existaient déjà, les chiffres européens aussi. On n’avait pas encore les chiffres suisses. Et ils confirment la même tendance», explique le spécialiste.
Pourquoi les jeunes sont-ils davantage touchés? Pour l’instant, la question reste ouverte. «Ce qu’on sait, c’est que ce n’est pas génétique», souligne le Dr Thibaud Koessler. En marge de cette inconnue, les facteurs de risque connus existent toujours. «L’obésité, le tabac, l’alcool, la consommation excessive de viande rouge ou de viande transformée», énumère-t-il.
Des symptômes parfois négligés... à tort
Chez les 20-30 ans, le cancer colorectal représente environ sept cas pour 100'000 personnes par an. Le paradoxe concernant la maladie reste entier… «Nos parents mangeaient parfois trop, buvaient trop, fumaient davantage. Pourtant notre génération, plus informée, a plus de cancers. Il manque quelque chose dans l’explication», indique le Dr Thibaud Koessler.
Une minorité de cas, mais préoccupante donc. À Genève, cela correspond à une trentaine de nouveau patients par année, sur environ 250 nouveaux cas de cancer colorectal en Suisse. «Ça reste une minorité, mais une minorité qui n’est pas dans le programme de dépistage», précise le médecin qui dresse un autre constat: la maladie est souvent plus avancée quand elle est détectée chez les moins de 50 ans.
Chez les jeunes, le diagnostic arrive souvent plus tard. Mais il reste fondamental d’aller consulter quand des signes apparaissent. Parmi ces symptômes, parfois ignorés à tort, «la perte de poids inexpliquée, du sang dans les selles, l’alternance de diarrhée et de constipation», liste le Dr Thibaud Koessler.