Les Jeunes socialistes voulaient la peau de Kast, ils obtiennent son désaveu
Lundi soir en assemblée générale, les socialistes ont crevé l’abcès autour de la gestion de la manifestation No-G7. La jeunesse socialiste a réussi à faire voter deux résolutions attaquant la gestion du défilé par leur ministre, Carole-Anne Kast. À la présidence du PS, on nuance ce désaveu.
Ces scènes, les socialistes ne veulent plus les voir. Et les jeunes socialistes, encore moins. La gestion de la manifestation no-G7 et la fameuse nasse qui avait suivi la fin du cortège, avaient scandalisé dans les rangs de la gauche. Il fallait donc laver son linge sale en famille, ce qui s’est fait lundi soir en assemblée générale.
Après avoir entendu Carole-Anne Kast, les Jeunes socialistes ont réussi à faire voter deux résolutions. Elles exigent de ne pas avoir à obtenir une autorisation pour manifester ainsi que l’interdiction des armes non-létales. Trois autres résolutions concernent la nasse et un contrôle plus serré de l’action policière.
«Le but, c'était de pouvoir régler ça de manière démocratique à l'interne»
Pourtant, ce n’était pas gagné. Il fallait convaincre ceux pour qui la loyauté à la conseillère d’État doit primer. Secrétaire des Jeunes socialistes, Adrien Rastello est satisfait: «Nous avons tout de suite adopté une posture pour régler ça, afin de pouvoir continuer à se dire socialiste avec ce département et savoir quelle politique de la sécurité on veut mettre en place. C'était compliqué. Il y avait d'autres voix au sein du parti, mais le but, c'était de pouvoir régler ça de manière démocratique à l'interne. On est ravi de voir que le résultat nous a été favorable.»
«Chacun a son rôle, mais sur les valeurs fondamentales, à la fin, on se retrouve quand même»
Depuis ce mois de juin, la ministre est dans le viseur d’une partie des militants. Ils lui reprochent des interventions policières trop musclées ainsi que la défense de la fameuse nasse. Co-président du PS, Cyril Mizrahi estime qu’il faut faire la part des choses en fonction des rôles de chacun: «C’est le jeu du débat et on n'est pas forcément toujours d'accord avec notre conseillère d'État. Quand on a une conseillère d'État qui est chargée de la sécurité, forcément qu'elle a un rôle différent et que le parti doit garder une vision sur les principes. Chacun a son rôle, mais sur les valeurs fondamentales, à la fin, on se retrouve quand même.»
Ce n’est pas le point de vue des Jeunes socialistes. Après avoir réclamé, en juin dernier, la tête de leur ministre, ils remettent en cause aujourd’hui la représentation socialiste au Conseil d’État: «Nous pensons que quand on est minoritaire, ça ne sert à rien d'aller au Conseil d'État car on sera absorbé par la collégialité et ça effacera les valeurs de gauche qui font, selon nous, la fierté d'être socialiste», assène Adrien Rastello. Erreur de jeunesse, rétorque Cyril Mizrahi: «Je pense que les Jeunes socialistes, je m'excuse de le dire, n'étaient pas encore nés à l'époque du gouvernement monocolore. Et c'était quand même autre chose. Quand on a connu ce gouvernement monocolore, on se rend compte qu'il y a quand même des marges qu'on a si on est au gouvernement et qu'on n'a pas si on n'y est pas.»
«Il ne m’appartient pas de commenter un débat qui n’a pas eu lieu»
Carole-Anne Kast, de son côté, relativise l’équilibre des discussions: «Lundi j’ai consacré près de trois heures à présenter les éléments factuels puis à répondre aux nombreuses questions, légitimes et parfois critiques. Concernant les résolutions votées, je n’ai pas de commentaire à faire: l’Assemblée générale a refusé de les débattre et de les discuter. Il ne m’appartient donc pas de commenter un débat qui n’a pas eu lieu.»
Une mise en œuvre éventuelle de ces résolutions dépendra du Parlement, par le biais de projets de loi ou de motions.