Les jeunes particulièrement exposés à la montée du chômage
Le chômage poursuit sa progression à Genève. Selon une analyse de l’Office cantonal de la statistique et de l’Office cantonal de l’emploi, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 34% en trois ans. Une situation qui touche notamment des secteurs emblématiques du canton comme l’horlogerie ou les organisations internationales.
Pour Stéphanie Ruegsegger, directrice du département de politique générale de la FER Genève, cette évolution n’est pas une surprise. «Il y avait déjà des signes qui annonçaient que le chômage allait augmenter en Suisse et à Genève.» Elle relève toutefois un élément positif pour le bout du lac, par rapport à la Suisse, le chômage a proportionnellement moins augmenté à Genève que dans le reste du pays.
Les organisations internationales sont notamment affectées par les décisions prises aux États-Unis, observe Stéphanie Ruegsegger. Quant à l’horlogerie, elle subit les conséquences du ralentissement économique chinois. «Il y a eu l’éclatement de la bulle immobilière en Chine. Donc on en paye aussi les conséquences», explique la spécialiste.
L’incertitude mondiale en cause
La responsable de la FER souligne également l’impact des tensions commerciales. «Les droits de douane, c’est l’incertitude aussi qui fait mal. Les entreprises et l’économie détestent l’incertitude.» Selon elle, cette instabilité freine les investissements et complique les projets de développement des entreprises.
Au-delà des facteurs internationaux, certains secteurs traversent des mutations structurelles. Stéphanie Ruegsegger évoque notamment l’informatique, où la hausse du chômage serait liée à l’évolution du secteur.
Miser sur la voie «royale» de l'apprentissage
Une autre préoccupation concerne les jeunes. Le rapport met en évidence une hausse plus marquée du chômage dans cette catégorie de la population. Pour Stéphanie Ruegsegger, le recours moins fréquent à l’apprentissage joue un rôle important. «On a une formation professionnelle de qualité en Suisse.» Elle relève qu’il y a une corrélation entre le taux de chômage des jeunes et le taux de formation professionnelle: dans les cantons où la formation professionnelle est plus importante, il y a moins de chômage des jeunes.
L’apprentissage demeure selon elle «une voie royale», d’autant que le système suisse permet ensuite de poursuivre des études supérieures.
Face à cette situation, Stéphanie Ruegsegger estime que l’État a un rôle à jouer, notamment en matière d’employabilité et de formation continue. Plusieurs départements cantonaux travaillent déjà sur ces questions, notamment autour des micro-certifications et de l’adaptation des compétences. Malgré les difficultés, elle veut rester optimiste. «On a toujours été résilient. On le sera encore.»