Les sages-femmes des HUG réclament un «salaire juste»
Elles dénoncent une profession dévalorisée et exigent des salaires plus élevés.
Devant la maternité des HUG, ni grève, ni slogans, ni banderoles. Quelques sages-femmes se sont rassemblées, sur leur temps de pause ou de congé, pour faire entendre leurs revendications. «On aimerait faire reconnaître à notre juste valeur notre profession», explique une sage-femme à une passante.
À l’occasion de la Journée internationale des sages-femmes, plusieurs dizaines d'entre elles occupent discrètement un coin de trottoir devant la maternité. Elles sont présentes pour porter un message qu’elles défendent depuis des années : une revalorisation de leur statut salarial. «La classe 16 correspond à notre Bachelor HES. Il devrait nous donner accès à cette classe depuis 15 à 20 ans.», souligne Julie, sage-femme aux HUG depuis 6 ans. «Mais au vu de notre cahier des charges et de nos responsabilités, nous estimons même que notre travail correspondrait plutôt à une classe 19.» Aujourd’hui, elles demandent a minima une reconnaissance de leur formation, et à terme, une meilleure prise en compte de l’ensemble de leurs compétences.
Une profession de plus en plus exigeante
Leur mobilisation s’appuie aussi sur l’évolution du métier. En 2025, la maternité des HUG a enregistré plus de 4’300 naissances, ainsi que 29’000 consultations ambulatoires et 15’000 urgences gynéco-obstétriques. «Les situations sont de plus en plus complexes», explique Alicia, elle aussi sage-femme à la maternité des HUG. Nous accompagnons des patientes aux parcours très variés, souvent dans des contextes multiculturels, avec des barrières de langue. Il y a aussi toute la dimension émotionnelle: les deuils, les interruptions de grossesse, les morts in utero. Cela demande beaucoup de temps et d’engagement.»
Une ouverture, mais rien de concret
Face à ces revendications, la direction des HUG se dit ouverte. Sur le fond, elle reconnaît que les sages-femmes exercent «une activité à forte responsabilité, autonomie et indépendance», pouvant justifier une adaptation salariale. Mais pour le concret, l'Hôpital renvoie la balle à l'Etat: toute évolution dépend du projet cantonal G’Evolue, qui vise à harmoniser les grilles salariales de la fonction publique d’ici 2028, explique les HUG.
Un délai jugé trop long par les professionnelles, qui estiment cette reconnaissance attendue depuis près de 20 ans. Pour se faire entendre, le collectif a lancé une pétition publique. Elle a déjà recueilli plus de 2’000 signatures.