Les soutiens d’Anne-Cécile Reimann réclament sa réhabilitation
Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant le Palais de justice pour réclamer la réhabilitation de la militante anti-nucléaire Anne-Cécile Reimann. Plus de 500 signatures ont été remises aux autorités judiciaires.
Ils dénoncent une erreur judiciaire. Les soutiens d’Anne-Cécile Reimann se sont réunis devant le Palais de justice à Genève pour demander le classement rapide de la procédure visant la militante de 83 ans, condamnée en janvier pour des billets antisémites déposés devant une galerie genevoise.
Une lettre munie de plus de 500 signatures a été remise au Conseil de la magistrature et au Ministère public afin de réclamer sa réhabilitation publique.
Devant le Palais de justice, une cinquantaine de personnes ont affiché leur soutien à l’activiste anti-nucléaire, qui continue de clamer son innocence. «Je trouve injuste ce qui m’arrive. Je ne comprends pas qu’on me croit coupable d’antisémitisme», confie-t-elle.
Une procédure toujours en cours
Pour condamner Anne-Cécile Reimann, la justice s’était appuyée sur une expertise graphologique et des images de vidéosurveillance. Mais depuis, une retraitée de 80 ans a reconnu être l’auteure des messages antisémites. Malgré ces aveux, la procédure n’a toujours pas été classée.
La militante dénonce désormais un acharnement judiciaire après une nouvelle demande de perquisition de son domicile formulée par la galeriste par l’intermédiaire de son avocat, Me Romain Jordan. Anne-Cécile Reimann a depuis déposé plainte pour «dénonciation calomnieuse» et «obstruction à la justice».
«Demander de perquisitionner le domicile d’une femme de 83 ans alors qu’on a la certitude qu’elle est innocente est un scandale», estime son avocate, Me Clémence Jung.
«Laisser la justice faire son travail sans chercher à l’influencer»
Contacté, Me Romain Jordan dénonce une plainte pénale «aussi téméraire qu'infondée.» «On aurait souhaité entendre le début d’une condamnation des actes antisemites abjects dont il est question mais les soutiens et conseils de Mme Reimann en sont visiblement incapables.» Il rejette par ailleurs toute idée d’acharnement. «Personne ne s’acharne sur Mme Reimann. Sa condamnation initiale repose sur un ensemble d’éléments concordants, notamment une expertise graphologique accablante, des images de vidéosurveillance, et des déclarations incriminantes lors de son audition. Il faut laisser la justice faire son travail sans chercher à l’influencer», écrit-il.
Entre la procédure toujours ouverte contre Anne-Cécile Reimann, l’expertise contestée de la retraitée qui s’est dénoncée et la plainte déposée par la militante, l’affaire continue de prendre de l’ampleur.