Genève

Lullin va fermer: pétition et offensive politique

17.03.2026 18h16 Denis PALMA

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L’école spécialisée de Lullin fermera en fin d’année. Le DIP invoque une réorganisation liée à l’obligation de formation jusqu’à 18 ans et privilégie des équipes pluridisciplinaires plutôt qu’un site unique. Une décision vivement contestée par le syndicat et la gauche, qui dénoncent une logique d’économies.

Au Petit-Saconnex, à deux pas du collège Rousseau, Lullin accueille depuis 2014 des adolescents en rupture scolaire dans une maison de maître, avec un encadrement renforcé pour les réinsérer en formation. Les prises en charge durent en principe 13semaines. Mais le 3février, le DIP a annoncé par courrier la fermeture de l’école.

Le DIP défend une réorganisation

«Ce travail nous a conduit à privilégier une répartition des équipes pluriprofessionnelles au sein des établissements plutôt que de maintenir un dispositif centralisé en un lieu unique qui, au regard des besoins croissants ne permet d'accueillir qu'un nombre limité d'élèves. Ainsi, le dispositif de Lullin s’arrêtera à la fin de l’année scolaire.»

Contacté, le DIP n’a pas répondu à nos questions.

Un dispositif jugé efficace

La décision est contestée par le principal syndicat du secondaire, qui a lancé une pétition. Il met en avant les résultats de Lullin, où 80% des élèves raccrochent un cursus.

«Dire qu'on va allouer des moyens supplémentaires aux écoles, on aimerait bien savoir lesquelles, pour s'occuper de ses élèves, c'est un peu illusoire parce que ses élèves n'arrivent plus à aller dans les écoles dans lesquelles ils sont censés étudier. Donc en fait, les maîtres à Lullin, c'est leur permettre de retrouver un souffle, de retrouver de l'énergie, de retrouver confiance en l'école et de revenir dans les écoles dans lesquelles ils sont censés faire leur formation», souligne Emilie Wieland, membre du bureau de l’Union du corps enseignant secondaire.

La gauche monte au front

La fermeture vire au bras de fer politique. À gauche, on dénonce une coupe budgétaire. Le PS annonce une résolution urgente au Grand Conseil pour contraindre le gouvernement à reculer.

«Pour moi, c'est une mesure d'économie qui est organisée par le DIP, une basse mesure d'économie purement comptable, qui met en péril la situation en matière de formation de jeunes qui peuvent se retrouver dans des situations de décrochage scolaire, de décrochage social important. On a pourtant une véritable efficacité de l'établissement de Lullin qui est prouvée par différents apports. Et là, on assiste juste à une mesure d'économie. Il est inadmissible de brader la formation et des situations sociales terribles, tout cela pour des économies», dénonce Romain de Sainte-Marie, député PS.

La pétition sera déposée fin avril au Grand Conseil, qui devrait se saisir du dossier dans le courant du mois de mai.