Manif anti-G7: le Conseil d’État pose ses lignes rouges
Le Conseil d’État autorise la manifestation prévue en marge du G7, mais pose ses lignes rouges. Carole-Anne Kast défend une décision collective et justifiée par des impératifs de sécurité.
Feu vert à la manifestation No-G7 prévue en marge du sommet à Evian. Une autorisation assortie de conditions strictes: le parcours restera en Rive droite et traverser le pont du Mont-Blanc est exclu du dispositif.
La conseillère d’État chargée de la sécurité Carole-Anne Kast justifie ce choix. Selon elle, le gouvernement a retenu «la plus sécuritaire et la plus respectueuse des droits fondamentaux». «Le pont du Mont-Blanc, c’est un non catégorique pour des raisons de sécurité», ajoute-t-elle.
La Rive droite privilégiée
Si le tracé exact du cortège n’est pas encore connu, une garantie il y a : la manifestation du 14 juin sera cantonnée à la Rive droite. «Nous, aujourd’hui nous avons identifié qu’en termes de sécurité on pouvait le faire et c’était la meilleure solution, en rive droite uniquement. Les autres demandes de la coalition, si on peut les comprendre, elles n’assurent pas assez de niveau sécurité» détaille la conseillère d’État.
Le canton veut éviter les tensions observées lors du G8 d’Évian en 2003, mais pas que. La magistrate met en avant l’axe structurant que représente la gare Cornavin, qui a pesé dans la balance. «Les gens vont arriver par la gare Cornavin», rappelle-t-elle, évoquant une mobilisation internationale avec des participants attendus depuis l’extérieur du canton et du pays. Traverser la ville et les ponts multiplierait les risques sécuritaires.
La coalition anti-G7 avait récemment adressé une mise en demeure au Conseil d’État afin d’obtenir une réponse rapide. La conseillère d’État nie tout lien de cette démarche avec la décision du jour. Elle regrette même cette méthode. «Je relève juste que c’est dommage de devoir avoir ce genre de posture», déclare-t-elle.
Parc publics exclus pour un village No-G7
Le canton a aussi précisé les conditions d’octroi des macarons permettant un passage facilité à la frontière durant le sommet. Ceux-ci seront réservés aux «services infrastructures critiques». Carole-Anne Kast cite par exexmple «les pompiers, la police, des services sanitaires».
Le dispositif sera restrictif. L’objectif est d’éviter l’engorgement des files prioritaires. «Si la file macaron, elle est aussi lente que la file normale, il n’y a plus d’intérêt à avoir un système de macarons», explique la conseillère d’État en précisant que des cas particuliers pourront être étudiés.
Reste enfin la question du «village alternatif» souhaité par les militants. Le canton ferme la porte à une installation dans un parc public. «Nous considérons que ça ne sera pas accordé comme autorisation», avertit Carole-Anne Kast. En revanche, un événement organisé dans une salle reste envisageable. «On n’a aucun problème avec ça», conclut-elle.