Me Célia Leresche, lauréate du prix Michel Nançoz 2026
Lauréate du concours d’art oratoire Michel Nançoz 2026, Me Célia Leresche a construit sa plaidoirie autour des dangers du jugement populaire et de la présomption de culpabilité. L’avocate stagiaire revendique une conception de son métier: porter la parole de ceux que l’on ne veut pas entendre.
«Et si le vrai danger pour la démocratie n’était pas le criminel, mais la foule qui réclame sa tête?» C’est sur cette question que Me Célia Leresche a bâti sa plaidoirie victorieuse au concours Michel Nançoz 2026. Avocate stagiaire au sein de l’étude Hayat & Meier, elle voit dans cette récompense une reconnaissance de l’une des missions essentielles de la défense: «Libérer la parole, c’est pouvoir dire ce que beaucoup de personnes n’osent pas dire, c’est porter une parole de celui qu’on ne veut pas entendre.»
Revoyez le Concours Michel Nançoz 2026:
- Me Célia Leresche – Gagnante
- Me Alexandre Levrat – 2e prix
- Me Brian Favre – 3e prix
- Me Carla Cournot – Prix de la réplique
Pour convaincre, Me Célia Leresche a choisi l’ironie. Une manière de pousser jusqu’à l’absurde la logique de la condamnation immédiate avant de renverser son propos: «La foule, ce n’est pas parce qu’elle parle fort, nécessairement, qu’elle a raison», résume-t-elle.
Un thème qui rejoint directement ses aspirations professionnelles. Depuis un an, la jeune avocate découvre le métier et ne cache pas son attirance pour les dossiers où la défense doit aller à contre-courant. «J’adore» ce type d’affaires, répond-elle avant d’ajouter «j’espère, j’aspire en tout cas, à continuer à traiter ce genre de dossier.»
«La foule, ce n’est pas parce qu’elle parle fort, nécessairement, qu’elle a raison.»
Sa plaidoirie interroge aussi le rôle des médias dans les affaires judiciaires. «La presse a une immense responsabilité», estime Me Célia Leresche, rappelant que le choix des mots employés peut avoir «une immense résonance». Elle cite notamment l’emploi du terme «assassin» dans un titre d’article avant même qu’une personne soit définitivement jugée, une pratique qu’elle considère comme «très problématique» lorsqu’une défense plaide l’acquittement.
Une vocation née dès sa première année de droit, après avoir assisté à son premier procès. Parmi ses modèles, Me Célia Leresche cite Me Yaël Hayat, qui plaidait justement ce jour-là et qui est aujourd’hui sa maîtresse de stage. Elle mentionne également Me Nicola Meier et Me Simine Sheybani. «J’ai envie de continuer, d’apprendre des meilleurs et de contribuer à ma manière à ce combat qui est tellement important.»
Le concours Michel Nançoz 2026 a également distingué Me Alexandre Levrat (2e), Me Brian Favre (3e), et Me Carla Cournot, récompensée par le prix de la réplique.