Michèle Roullet: «Il faudrait démanteler totalement la Fondation d’art dramatique»
La conseillère municipale et rapporteuse de la Commission des arts et de la culture critique vivement la gestion du dossier Séverine Chavrier par la Fondation d’art dramatique. Elle réclame une reprise en main politique du dossier.
«C’est un peu sans surprise»: c'est la réaction de Michèle Roullet après que le conseil de la Fondation d'art dramatique (FAD) a licencié Séverine Chavrier. Selon elle, la fondation aurait voulu «agir le plus rapidement possible» avant les conclusions des audits de la Cour des Comptes et du rapport de la Commission de la culture.
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La rapporteuse de la commission rappelle que les élus municipaux ont adopté à l’unanimité un rapport demandant la réintégration de la directrice. «La Commission de la culture en Ville de Genève, dans son rapport, est absolument unanime», souligne-t-elle, affirmant que les auditions menées n’ont pas mis en évidence «d’actions ou de fautes graves» de la part de Séverine Chavrier.
«Des gens se sont précipités pour faire des déclarations certainement à charge»
Pour Michèle Roullet, la décision de la FAD s’explique notamment par la continuité des personnes impliquées dans le dossier. Elle vise particulièrement le président de la fondation, Philippe Juvet, déjà impliqué lors de la mise à l’écart de la directrice en novembre 2025. «Il ne veut certainement pas être contredit», estime-t-elle.
Elle évoque également une «guerre de rapports» entre celui commandé par la FAD, bloqué par la justice, et celui de la Commission de la culture, finalement rendu public. La conseillère municipale défend l’indépendance du document parlementaire, rappelant que «tous les partis politiques y sont représentés».
Michèle Roullet critique en revanche la méthodologie du rapport mandaté par la FAD. Selon elle, les 150 témoignages évoqués seraient anonymes et dépasseraient largement le nombre d’employés de la Comédie. «Ça veut dire que des gens qui n’ont jamais travaillé avec madame Chavrier se sont précipités pour faire des déclarations certainement à charge», affirme-t-elle.
«On a l’impression qu’on se trouve dans un procès de Moscou»
Michèle Roullet demande une implication plus large du Conseil administratif de la Ville de Genève. Elle reproche aux autorités d’être restées «silencieuses» dans cette affaire. «Rien n’a été respecté», ajoute-t-elle.
La conseillère municipale juge que les règles institutionnelles n’ont pas été respectées. «On a l’impression qu’on se trouve dans un procès de Moscou», lance-t-elle, dénonçant l’absence d’explications claires fournies à Séverine Chavrier sur les griefs retenus contre elle.
Elle estime également que la magistrate chargée de la culture, Joëlle Bertossa, ne devrait pas gérer seule le dossier en raison de son rôle au sein de la FAD. Michèle Roullet appelle même à «démanteler totalement la Fondation d’art dramatique» afin de permettre un examen du dossier «sans a priori».