Mondial d’impro: la Suisse rêve d’un troisième sacre à domicile
Le Mondial d’impro fait son retour à Genève, avec cinq équipes venues de Suisse, de Belgique, de France, d’Algérie et du Québec. Entre humour, créativité et compétition, les meilleurs improvisateurs francophones s’affrontent pour décrocher le titre mondial. Avec deux victoires lors de ses deux premières rencontres, la Suisse peut rêver d’un nouveau sacre devant son public.
Sur scène, aucun texte à réciter, aucun scénario écrit à l’avance. Les comédiens doivent inventer des histoires en quelques secondes, en respectant les contraintes imposées par un arbitre. Inspiré du hockey sur glace, ce concept né au Québec repose sur un principe simple: les équipes s’affrontent et le public vote pour départager les improvisations.
Sara Rusalen, présidente de l'organisation, et Pierre Bitchatchi, vice-président et membre de l'équipe suisse, se réjouissent de l'engouement suscité par cette édition. Les rencontres disputées à la salle centrale de la Madeleine ont attiré un public nombreux, avec une salle quasiment pleine chaque soir.
Cinq pays, cinq styles d'improvisation
Si les équipes partagent les mêmes règles, chacune apporte sa touche personnelle. L'humour, la construction des histoires et les références culturelles varient selon les pays. «Certaines personnes du public vont être très sensibles au rire», explique Sara Rusalen. D'autres privilégient la dramaturgie, la richesse des personnages ou la qualité des histoires.
Les improvisateurs doivent également maîtriser des registres littéraires parfois exigeants. Shakespeare, Molière ou encore Corneille figurent parmi les auteurs dont les équipes doivent reproduire les codes, sans aucune préparation du texte.
La Suisse peut-elle créer la surprise?
Sacrée championne du monde en 2006 et 2016, la Suisse espère décrocher un troisième titre. Elle a remporté ses deux premières rencontres, mais doit faire face à deux poids lourds de la discipline: la Belgique et le Québec, qui comptent respectivement 12 et 10 titres mondiaux.
Pour Pierre Bitchatchi, évoluer devant son public constitue un avantage. «C'est un public qu'on pratique toute l'année. Donc, on sait ce qui marche», reconnaît-il. Mais la compétition reste ouverte. Les Québécois se distinguent par leur dynamisme et leur capacité à séduire le public, tandis que les Belges misent davantage sur la technique et la diversité des histoires.
Une finale où chaque vote compte
La grande finale est programmée au Bâtiment des Forces Motrices (BFM), devant un public plus nombreux. Un changement de décor qui pourrait peser sur les performances. Les joueurs devront notamment composer avec l'utilisation de micros, contrairement aux rencontres disputées à la Madeleine. «Il y a plein d'éléments qui vont rajouter une zone de stress, plus le fait que ce soit la finale», souligne Sara Rusalen.
À ce niveau, la victoire peut se jouer à quelques voix seulement. Une réplique plus drôle, un personnage plus marquant ou une histoire mieux construite peuvent suffire à faire basculer le vote du public. Et offrir à la Suisse un nouveau titre mondial.
La finale de cette 32e édition aura lieu samedi 24 octobre à 20h au BFM. Les qualifications se poursuivent jusque vendredi à la salle centrale de la Madeleine.