Genève

Négociations Iran-Etats-Unis à Genève: «C'est mieux que la guerre»

27.02.2026 18h32 Pierre Pillet

Warner

Le dossier du nucléaire iranien était au cœur des discussions hier à Genève. Les pourparlers entre Washington et Téhéran ont débouché sur des « progrès significatifs » selon les autorités iraniennes, sans qu’aucun accord final ne soit conclu à ce stade. Dans un contexte de tensions régionales persistantes et de tentative de relance du dialogue, l’issue des négociations reste incertaine.

Invité sur notre plateau, le politologue Daniel Warner se veut prudemment optimiste : « C’est toujours positif d’avoir des négociations. En anglais on dit : it’s better than war. » Mais derrière les déclarations encourageantes, les zones d’ombre demeurent nombreuses.

Diplomatie et démonstration de force

Alors même que les discussions se poursuivent, la présence militaire américaine dans la région interroge. « En même temps qu’ils parlent, il y a des porte-avions, des bombardiers américains qui entrent près de l’Iran. Il y a peut-être une escalade militaire qui pourrait s’en suivre », souligne Daniel Warner.

Les enjeux sont multiples : arrêt total ou partiel du programme nucléaire iranien, question du programme balistique – que Téhéran refuse de mettre sur la table – et, en toile de fond, la stratégie réelle de Donald Trump. « Est-ce qu’il veut un changement de régime ou est-ce qu’il veut vraiment arrêter le programme nucléaire d’Iran ? C’est un petit peu compliqué », analyse le politologue.

Le facteur Trump

Le président américain avait lancé un ultimatum à l’Iran le 19 février, évoquant un délai de « 10 à 15 jours » pour avancer vers une décision. Faut-il le prendre au pied de la lettre ? « Non, pas du tout », tranche Daniel Warner, pointant un manque de stabilité dans la position américaine et une équipe diplomatique jugée peu expérimentée sur ce dossier.

Le risque principal, selon lui, serait de « frustrer Trump », qui exige « un abandon total du nucléaire », une ligne rouge pour Téhéran. « Tout est possible avec lui », ajoute-t-il, évoquant aussi les calculs politiques internes à l’approche des élections américaines.

Vers un compromis ?

Malgré les divergences, les discussions doivent se poursuivre la semaine prochaine à Vienne. Les deux camps affichent encore des positions « absolues », mais la voie d’un compromis n’est pas totalement exclue. « Est-ce qu’ils vont quand même trouver un fameux compromis suisse, un petit peu au milieu ? On va continuer de négocier », relève Daniel Warner.

Pour l’heure, aucune impasse formelle selon l’expert : « Il n’y a pas beaucoup de pays qui sont derrière Trump s’il va bombarder. Il ferait ça unilatéralement. »

Entre avancées diplomatiques et menaces d’escalade, le dossier iranien reste donc suspendu à l’équilibre fragile entre négociation et rapport de force. Prochain rendez-vous à Vienne.