Négociations: le retour en force de la Genève internationale?
Une ronde de négociations sur le nucléaire iranien et une rencontre entre diplomates américains, russes et ukrainiens se tiennent ce mardi à Genève. Raymond Loretan nous donne son analyse.
Genève ne fait pas son grand retour sur la scène internationale, d'après l'ancien ambassadeur et président du Club diplomatique de Genève: «Genève a toujours été présente, et ce n’est pas la première fois qu’on a des discussions politiques, mais c’est un excellent signal dans le contexte.» Il salue le travail de la diplomatie suisse, mais aussi du chef des affaires étrangères, Ignacio Cassis.
Plus qu’un retour du multilatéralisme, il évoque celui du «polylatéralisme». Genève offre, selon lui, «un écosystème qui est absolument unique au monde», permettant d’assembler politique et expertise technique. La délégation iranienne rencontrera non seulement les Américains, mais aussi l’Agence internationale de l’énergie atomique, précise-t-il. «Ce genre de rencontres où politique et technique se rencontrent, c’est idéalement à Genève.»
Les Russes reviennent, les Européens grands absents
S’il appelle la Genève internationale à se réinventer, il salue la dynamique: «Je pense que Genève est un atelier de confiance, ce qui se passe demain est un vrai signal.» À ce propos, il a appelé au rapatriement du Conseil de sécurité de l’ONU. Selon lui, «le mariage entre une ONU politique et une ONU technique, c’est ici qu’il doit avoir lieu.»
La présence russe marque aussi les esprits. Raymond Loretan voit dans ce retour des Russes un «retour d’ascenseur» après le déplacement d’Ignacio Cassis à Moscou, bien qu’il aurait dû, selon lui, «y aller beaucoup plus tôt». Quant à l’absence des Européens, elle n’étonne qu’à moitié. «Les Européens, pour l’instant, feraient mieux de s’organiser, parler d’une seule voix. On ne perçoit pas quel chemin l’Europe veut suivre.»
De cette journée marathon, Raymond Loretan n’attend pas de percée spectaculaire. «Au minimum, on peut attendre que les canaux de communication soient consolidés.» Au mieux, des «processus de négociation» pourraient émerger. Le temps diplomatique, conclut-il «doit faire son travail sans être toujours dans les journaux».