Nouveau conflit entre des locataires et leur régie
Depuis août 2023, des dizaines de familles vivent prisonnières d’un chantier de rénovation chaotique au cœur de leur coopérative d’habitation au boulevard de la Cluse. Entourés d’échafaudages, exposés à la poussière, au bruit et aux moisissures, les habitants se plaignent des travaux mal encadrés, sans protections suffisantes, tout en continuant à payer leurs loyers. Des désagréments inhérents à tout chantier répond la régie qui précise que les locataires seront indemnisés à la fin du chantier.
Ces immeubles des années 1950, laissés à l’abandon pendant des décennies, sont en travaux depuis plus de deux ans. Rénovation, surélévation, 70 logements sont concernés. Des dizaines de locataires se plaignent des nuisances et de plusieurs malfaçons. «Il y a de la poussière en permanence dans les escaliers se plaint cette locataire qui se plaint de problèmes respiratoires».
Une autre voisine nous montre les infiltrations d'eau dans son appartement «J'ai dû mettre des bidons dans mon couloir à minuit à cause des fuites». Moisissures le long des fenêtres, dégâts suite aux travaux dans certains appartements, et fissures causées, selon les locataires, par la charge de la surélévation.
Infiltrations d'eau et moisissures
«On a été relogés durant trois mois dans un appartement en face, pas de chauffage, pas d'eau chaude, la chaudière provisoire était insuffisante pour l'immeuble» se plaint Emma Azconegui, locataire et porte-parole de l'association Cluse / Istria / Colline.
Infiltrations d’eau à cause de la surélévation qui a été faite sans toiture provisoire, moisissures, les griefs sont nombreux. La régie Cogerim se défend. Son directeur général Emmanuel Galley rappelle que chaque chantier engendre des nuisances. Il explique que «le choix a été fait de ne pas mettre de toiture provisoire mais une étanchéité pour raccourcir la durée des travaux, malheureusement, la tempête a engendré des infiltrations sporadiques, nous sommes intervenus rapidement, il n'y a jamais eu de problèmes de sécurité».
Les locataires dénoncent une spéculation des loyers
Un chantier épique, incendie il y a quelques mois, et un ouvrier qui a failli passer à travers un plancher. «Il n'a pas traversé le plancher, il a mis le pied sur une partie souple, nous avons fait un contrôle, nous avons un planning des nuisances, les locataires seront indemnisés en fin de chantier au cas par cas» précise Emmanuel Galley.
Autre inquiétude, une hausse de loyers importante à l’issue des travaux. «Lee logements qui sont construits au dessus de nous vont absorber des parts sociales qui sont le double de ce que nous avons payés, on ne comprend pas pourquoi on a dû subir autant de nuisances pour des augmentations de loyers» se plaint Emma Azconegui.
La régie indique que l’augmentation des loyers sera plafonnée à 50% pour les locataires en place au lieu de 120% comme la LDTR le permet. La fin du chantier est prévue à la fin de cette année.