Genève

Nouvelle étape vers une caisse maladie publique à Genève

23.09.2026 15h58 D. Palma / ATS

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Genève franchit une nouvelle étape dans son projet de réforme de caisse de santé publique. Le Canton lance deux appels d’offres pour tester un réseau de soins intégré et une caisse santé «à vocation publique». Objectif: mieux coordonner les soins, renforcer la prévention et, à terme, faire baisser les primes.

En 25 ans, la prime moyenne a plus que doublé à Genève. Elle atteignait 572 francs en 2025. Plus de 200’000 personnes touchent aujourd’hui un subside d’assurance-maladie, soit 38% de la population, pour un coût de 713 millions de francs l’an dernier.

La pression est aussi sociale: 26% des Genevois disent renoncer à des soins pour des raisons financières.

Depuis 2023, le Conseil d’État veut enrayer cette spirale avec son projet Béluga. Après une étude de faisabilité menée par des experts, le Canton passe à une nouvelle étape avec deux appels d’offres: l’un pour trouver l’opérateur du futur réseau de soins, l’autre pour son volet assurantiel.

Un réseau centré sur le patient

Le modèle doit mieux coordonner généralistes, spécialistes, pharmaciens et autres acteurs de la santé. Il mise davantage sur la prévention, la détection précoce et le suivi des maladies chroniques.

«On essaie de détecter de façon précoce des problèmes de santé. On investit sur la prévention, sur la coordination. On organise le système», explique Pierre Maudet, conseiller d’État en charge de la santé.

Le patient commencerait par remplir un questionnaire de santé et devrait ensuite rester dans le réseau pour ses soins.

Une caisse «à vocation publique»

Pour le volet assurantiel, le Canton ne veut pas devenir lui-même assureur. Il cherche un acteur privé, ou un consortium, capable de couvrir le risque dans le cadre d’un mandat défini par l’État.

«On n'est pas des assureurs à la base de l'État, donc on s'appuie sur un assureur qui voudra bien répondre à un cahier des charges précis pour couvrir le risque en matière de santé», précise Pierre Maudet.

La future caisse ne serait donc pas à proprement parler publique, mais «à vocation publique». Le scénario est actuellement calculé sur 50’000 assurés, avec un capital de départ estimé à 60 millions de francs.

Jusqu’à 20% de baisse des primes

Les experts estiment qu’un réseau de soins intégré pourrait permettre environ 15% d’économies. Le Conseil d’État affiche un objectif plus ambitieux: jusqu’à 20% de baisse de la prime cantonale moyenne.

Reste à convaincre les assureurs. Selon Pierre Maudet, plusieurs acteurs seraient déjà intéressés. Leur intérêt serait notamment de gagner des assurés sur l’assurance de base, avec la possibilité de leur proposer ensuite des assurances complémentaires.

Les offres doivent être déposées d’ici à la fin de l’année. Le gouvernement décidera ensuite s’il poursuit le projet. Une entrée en vigueur n’est pas attendue avant 2028 au plus tôt, et pourrait intervenir plus tard selon les résultats des appels d’offres et le calendrier législatif.