«On sacrifie le commerce et la restauration»: la grogne monte avant le G7 à Genève
Seuls les grands postes de douane resteront ouverts pendant le G7. Le Conseil d’État veut limiter les passages aux frontières et anticipe d’importantes perturbations du trafic. Des macarons permettront toutefois aux travailleurs prioritaires de circuler plus facilement.
Le gouvernement encourage aussi les entreprises à recourir au télétravail. Une recommandation qui inquiète particulièrement Genève Commerces.
«Reste à définir qui sera considérée comme “personne essentielle”. On peine à comprendre le Conseil d’État qui affirme vouloir garantir la sécurité pour permettre aux entreprises de fonctionner sereinement, tout en sacrifiant certains secteurs comme le commerce ou la restauration», réagit Flore Teysseire, secrétaire patronale de Genève Commerces FER.
Selon elle, cette baisse attendue de fréquentation devra être compensée. «Il faut qu’il y ait des indemnisations quand on donne une telle recommandation.»
Les restaurateurs réclament des indemnisations
La Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève monte aussi au front. L’organisation réclame un mécanisme d’indemnisation pour les établissements touchés par les restrictions, les pertes d’exploitation ou d’éventuels débordements liés au G7.
Elle estime que les commerces du centre-ville risquent de payer le prix fort du sommet, alors que les assurances privées couvrent rarement les dégâts liés à des émeutes ou troubles civils.
Les organisateurs anti-G7 toujours dans l’attente
Aucune décision n’a encore été prise concernant une éventuelle manifestation anti-G7 à Genève. Le collectif No G7, qui entend maintenir sa mobilisation, rencontre ce soir la conseillère d’État Carole-Anne Kast et la cheffe de la police.
«On est toujours dans le flou. Heureusement, nous avons une réunion ce soir, la première depuis le 17 février. Cela fait des mois que nous demandons à dialoguer», explique Françoise Nyffeler, membre du collectif No G7.
Les organisateurs espèrent pouvoir discuter des conditions nécessaires pour sécuriser la manifestation et éviter tout débordement.
La CCIG demande l’interdiction des manifestations
De son côté, la CCIG salue l’important dispositif sécuritaire prévu pour le G7, mais regrette l’absence de position claire sur les manifestations.
«Je regrette le silence assourdissant qui perdure concernant les manifestations et leur interdiction, que nous appelons de nos voeux avec fermeté», déclare Vincent Subilia, président de la CCIG.
Selon lui, une interdiction serait le seul moyen d’éviter que Genève soit «le théâtre d’incivilités trop marquées».
Le Grand Conseil bientôt appelé à trancher
Manifestation ou non, le débat devrait encore monter en intensité ces prochains jours. Le Grand Conseil doit se prononcer le 28 mai sur une possible restriction temporaire du droit de manifester pendant la période du G7.