Genève

Prime Energy CleanTech: les auditions révèlent un démarchage agressif

12.03.2026 21h40 Rédaction

Alors que l’enquête pénale se poursuit, les auditions menées par le Ministère public mettent en lumière les méthodes commerciales de Prime Energy CleanTech. 

Après la faillite de Prime Energy CleanTech, près de 2'000 investisseurs se retrouvent sur le carreau, pour la plupart des retraités. L’entreprise avait levé environ 120 millions de francs avant son effondrement. Aujourd’hui, les auditions menées dans le cadre de l’enquête révèlent un système de démarchage intensif destiné à attirer sans cesse de nouveaux souscripteurs, et pas n'importe lesquels.

Des retraités particulièrement touchés

Pour Jérôme Fontana, président de l’Association des lésés (ALPEC), ces révélations ne constituent pas une surprise: «Ce que nous apprenons au fil des auditions, c’est que nous avions affaire à une société surtout concentrée sur le démarchage et l’acquisition de nouveaux clients.» Selon lui, les fonds récoltés servaient à alimenter une structure complexe. En 2022, Prime Energy CleanTech regroupait environ une cinquantaine de sociétés, avec des participations minoritaires ou majoritaires. 

L’association représente aujourd’hui plus de 600 membres, soit environ un tiers des personnes lésées. Lors des premières réunions, Jérôme Fontana dit avoir constaté l’ampleur du drame financier: «Beaucoup de personnes âgées, beaucoup de retraités ont énormément perdu dans cette faillite et se retrouvent aujourd’hui dans une situation financière catastrophique.»

Des responsabilités au-delà de l’entreprise

Au fil de l’enquête, d’autres acteurs pourraient être mis en cause. Jérôme Fontana évoque notamment le rôle du réviseur aux comptes, PricewaterhouseCoopers, qui aurait tardé à signaler certaines pratiques contraires au code des obligations. Des questions se posent également sur l’absence de comptes consolidés malgré la multiplicité des sociétés du groupe. «Comment vous faites une idée exacte de la situation quand vous avez une vue partielle?», interroge le président de l’ALPEC.

Autre point soulevé: la Banque cantonale d’Argovie. En 2015 déjà, la FINMA avait ouvert une enquête sur Prime Energy CleanTech. Pour Jérôme Fontana, il reste à déterminer quels contrôles ont été exercés depuis. «On a levé le voile sur beaucoup de questions, mais les zones d’ombre demeurent nombreuses», commente-t-il.

Une récupération encore incertaine

Pour les investisseurs lésés, l’incertitude demeure sur les montants qui pourront être récupérés. Selon les premières estimations de l’administrateur de la faillite, les créanciers pourraient récupérer entre 20% et 40% de leurs investissements.

Une deuxième assemblée des créanciers est attendue cet automne. Elle devrait permettre de préciser les perspectives de remboursement, même si la complexité des flux financiers rend toute estimation délicate. «Aujourd’hui, c’est encore trop tôt pour dire combien les gens vont récupérer», rappelle Jérôme Fontana. L’affaire est donc loin d’être terminée.