Proche de la faillite, le Floris est fermé pour une durée indéterminée
Le restaurant le Floris suspend ses activités pour une durée indéterminée, a appris Léman Bleu. Dans une lettre ouverte, ses exploitants accusent la commune d’Anières de leur avoir volontairement caché des informations au moment de reprendre l’établissement. Au cœur du litige : des plaintes de riverains pour nuisances sonores.
Depuis le début de la semaine, le Floris reste porte close. Le dernier service a eu lieu dimanche. Une décision difficile pour le gérant, qui évoque une situation financière devenue intenable. «Ce n’est pas normal, surtout qu’on avait une super équipe. J’ai été contraint de mettre au chômage mes employés pour gagner un peu de temps» se désole Vincent Roques, exploitant du Floris. Dix-sept salariés sont concernés.
Les pertes sont importantes: jusqu’à 600'000 francs par année, selon les exploitants, qui affirment avoir dû renoncer à plusieurs événements. À défaut de solution rapide, ils se disent au bord de la faillite.
Une accusation de vice caché au cœur du conflit
Dans leur lettre ouverte, les gérants du Floris reprochent à la commune d’Anières, à la fois propriétaire du bâtiment et autorité municipale, de ne pas les avoir informés de l’historique conflictuel du lieu au moment de la reprise. «Les anciens propriétaires avaient déjà un lot important de plaintes. Nous arrivions avec un projet plus festif, qui allait logiquement générer davantage de nuisances» martèle le gérant.
Avec une capacité d’accueil de 300 personnes en période estivale, le Floris misait sur l’événementiel pour assurer sa rentabilité. «Faire uniquement de la restauration dans un lieu aussi excentré et coûteux, ce n’est pas viable économiquement. Les événements privés sont indispensables» assure Vincent Roques.
La commune d’Anières réfute toute opacité
Interrogée, la conseillère administrative en charge du dossier dément toute accusation de dissimulation. «On ne peut pas dire qu’on a caché des choses. Il suffit d’aller sur la terrasse pour comprendre qu’il s’agit d’une zone résidentielle. C’est visible, c’est écrit dans le registre foncier» rétorque Claudine Hentsch, responsable de l’urbanisme et des constructions.
Elle estime également que le projet présenté à la commune mettait l’accent sur la continuité du Floris en tant que restaurant, les événements festifs apparaissant comme une activité secondaire. Elle rappelle aussi les efforts consentis par la municipalité pour soutenir l’activité: une véranda équipée de vitres phoniques, financée par la commune, et une étude acoustique menée pour encadrer les soirées.
Vers une bataille judiciaire
Le gérant du Floris assure avoir respecté les règles: fermeture des vitres, réduction du volume sonore en soirée. Mais les tensions avec le voisinage ont fini par fragiliser le modèle économique de l’établissement.
Deux avocats représentent désormais les exploitants et la mairie. Si aucun accord n’est trouvé, le dossier pourrait avoir des suites judiciaires. En attendant, le Floris, institution emblématique des bords du lac, reste fermé. Et son avenir, suspendu à une issue encore incertaine.