Recours de No G7 contre les décisions des autorités genevoises
A Genève, No G7 saisit la justice. En cause: le refus du gouvernement d'autoriser une manifestation sur le pourtour de la rade le 14 juin. Pour la coalition, ce tracé est le seul à même de garantir la sécurité des participants et de réduire le risque de débordements.
"Le délai de mise en demeure ayant expiré, nous déposons cet après-midi un recours à la Chambre administrative de la Cour de justice", a indiqué mardi en milieu de journée Françoise Nyffeler, de la coalition No G7, devant les médias. Selon elle, l'arrêté du Conseil d'Etat est en contradiction avec les dispositions de la Convention européenne des droits de l'homme sur la liberté de réunion et d'association.
Mercredi dernier, le gouvernement a annoncé autoriser sur la rive droite exclusivement une manifestation la veille de l'ouverture du Sommet du G7, qui aura lieu du 15 au 17 juin à Evian-les-Bains (F). Il a aussi indiqué interdire les manifestations qui n'ont pas encore été dûment autorisées. Par conséquent, l'installation d'un village alternatif au parc des Cropettes est exclue, selon l'exécutif de la Ville de Genève.
Or l'arrêté du Conseil d'Etat, publié vendredi dans la Feuille d'avis officielle, précise que toutes les manifestations sur le domaine public au sens de la loi "sont interdites à l'exception des manifestations qui sont ou seront au bénéfice d'une autorisation délivrée par les autorités compétentes le 3 juin 2026 au plus tard", a constaté Keystone-ATS. "Nous allons en discuter ce soir avec le canton", a réagi Mme Nyffeler.
Soutiens politiques
La coalition va à nouveau rencontrer la conseillère d'Etat Carole-Anne Kast, en charge de la sécurité. "Nous attendons une proposition concrète", a déclaré la militante féministe, dénonçant "l'improvisation irresponsable" de la magistrate socialiste face au risque de "chaos voulu par le PLR et l'UDC". Le Grand Conseil se réunit pour une séance extraordinaire jeudi soir autour d'un projet de loi PLR visant à interdire toute manifestation dans le cadre du G7.
La coalition relève que le Rapport de la commission d'enquête extraparlementaire sur le G8 de 2003 déplorait que les organisateurs n'aient prévu aucune animation à la fin de la manifestation, ce qui aurait échelonné le retour des participants. L'aboutissement du parcours dans les parcs de la rive gauche permettrait justement d'éviter que tout le monde ne se dissémine dans la ville, selon Mme Nyffeler.
"Le PS, les Vert-e-s et certains élus du Centre arrivent à la conclusion que le parcours autour du U lacustre est à même de garantir la sécurité", a-t-elle souligné. "Nous nous réservons le droit de nous retirer et de laisser cette 'foule liquide', redoutée par la police, gérer la contestation", a-t-elle prévenu.