Genève

Ronin Primeurs croule sous les poursuites

19.08.2026 18h37 Martin Esposito

Ronin Primeur afficherait plus de 6 millions de francs de dettes et aurait licencié une grande partie de son personnel. L’entreprise revendiquait pourtant avoir livré en 2023 2 millions de kg de légumes.

Les nuages s’amassent au-dessus de Ronin Primeurs. Fondée en 1969, l’entreprise est spécialisée dans les légumes lavés, épluchés et coupés. Rachetée en 2021 par l’entrepeneur Julien Georges, elle a été placée en faillite mi-janvier. La décision a été annulée moins d’un mois plus tard et la société est toujours inscrite au registre du commerce.

Ronin Primeurs aurait accumulé 6'600’00 francs de dettes début août, d’après un document de l’office des poursuites en mains du syndicat Unia. Parmi les créanciers, des autorités fiscales, le fonds de compensation AVS et des fournisseurs.

«Si ce n'était pas payé, on ne livrait pas»

C’est le cas de Pascal Schaffer. À la tête de cette société de formalité douanières, il s’estime floué: «Aucun souci avec l'ancienne direction. La nouvelle, tout allait bien au début. Il nous demandait de retarder. Mais pendant ce temps qu'il est retardé, on dédouanait toujours pour lui. Et finalement, on est arrivé à un montant d'à peu près 48 000 francs. Ça qui me dérange le plus, c'est qu'on a avancé des droits de douane et de la TVA. Ça, on a dû le payer à l'administration fédérale des douanes. Et eux, ils ne nous font pas de cadeaux.»

Son entreprise a depuis arrêté de travailler avec Ronin Primeurs. Tout comme L’union Maraîchère de Genève, ancien fournisseur. Son directeur raconte une fin de collaboration délicate: «Nous, ça fait depuis l'été 2024 qu'on est en conflit ou en bataille permanente pour se faire payer, glisse Xavier Patry. On a bloqué nos livraisons, on a demandé que les arriérés soient payés pour continuer à livrer. Et puis ensuite, on prenait la commande, on envoyait le bulletin de livraison, le montant nous était payé, on livrait. Et si ce n'était pas payé, on ne livrait pas.»

Selon Unia, une cinquantaine de salariés sur les 80 en janvier auraient quitté l’entreprise. Le syndicat a adressé une mise en demeure pour le versement des salaires. Dans Le Temps, Julien George indique compter 58 salariés, concède des retards de versement mais dit verser des acomptes. Il ajoute s’être déclaré garant pour l’AVS et juge la liste des poursuites erronées.

Le département de l’économie indique suivre ce dossier avec la plus grande attention. Celui du territoire ajoute que Ronin primeurs ne peut plus utiliser la marque GRTA depuis mars dernier. Enfin, les HUG déclarent que leur contrat avec la société a pris fin, mais ne commentent pas.