Genève

Salaire minimum: des jobs d'été à 75%?

03.02.2026 16h46 Julie Zaugg

job été

Le salaire minimum est en place à Genève depuis 2020, à 24 francs 59 de l’heure. Une mesure saluée par de nombreux partis. Seule ombre au tableau pour la droite : les jobs d’été. La loi impose en effet de payer ce même tarif pour le travail des étudiants pendant les vacances. De quoi rebuter certains employeurs qui préfère cesser d’embaucher les petites mains. L’initiative «Pour que les jobs d’été continuent à exister à Genève» propose une dérogation à ce salaire minimum légal. 

Réduire ou pas le salaire minimum pour les jobs d’été? Telle est la question soumise au peuple ce 8 mars. À La fédération romande des entreprises, la FER Genève, élus, chefs d’entreprises et président de l’Union des Association Patronales Genevoise présentaient ce matin les arguments en faveur d’une dérogation, à savoir payer ces emplois à hauteur de 75% du salaire minimum, soit 5 francs de moins. Un montant jugé suffisant. 

La dérogation s’adresse aux jeunes de moins de 25 ans suivant une formation et cible les emplois de vacances entre le 15 juin et le 15 septembre uniquement, pas les jobs étudiant à l’année. Pour les partisans de la mesure, cette volonté émane d’un constat: en voulant traiter tout le monde à la même enseigne, la loi vient mettre en difficulté certains employeurs. 

Employeurs rebutés

Selon un sondage non publié réalisé par la FER en 2024, sur 100 entreprises questionnées, 60 ont confirmé avoir réduit ou supprimé leurs offres de jobs d’été suite à l’introduction du salaire minimum. C’est le cas pour le boulanger Stéphane Oberson. 

La gauche et les syndicats s’opposent à cette dérogation. Pour le député Pierre Eckert, elle risque de fragiliser certains étudiants. 

Le Conseil d’Etat prendra position ce mercredi sur la question. En cas d’acceptation dans les urnes, la dérogation pourrait s’appliquer dès juin 2026.