Genève

Sécheresse: la crainte d'un été meurtrier pour les cours d'eau genevois

03.07.2026 14h51 Delphine Palma

secheresse

La sécheresse fragilise déjà plusieurs cours d'eau du canton. Sur la Drize, le canton injecte depuis une semaine de l'eau du réseau pour préserver la vie aquatique. Les pêcheurs redoutent un été particulièrement difficile.

Galets à découvert, niveau d'eau en baisse, courant ralenti: au bord de l'Aire, le débit est nettement inférieur à la normale et la température de l'eau a atteint 23,2 degrés ces dernières 24 heures. Des conditions qui mettent la faune aquatique sous pression.

Pour les pêcheurs, le constat est préoccupant. «On n'est qu'au tout début du mois de juillet. Quand on compare avec d'autres années, c'est vraiment une année qui risque d'être encore pire que 2022», s'inquiète Maxime Prevedello, président de la fédération des sociétés de pêche genevoise  au bord de l'Aire. «On va voir ces débits diminuer et diminuer, et espérer que quelques précipitations vont maintenir un débit minimum acceptable pour la faune.»

La Drize déjà alimentée en eau du réseau

La situation est encore plus critique sur la Drize. Son débit est actuellement 90 % inférieur à sa norme mensuelle. Face à cette situation exceptionnelle, le canton a commencé, vendredi, à injecter de l'eau du réseau afin de maintenir un débit suffisant et préserver son importante population de truites indigènes. La Drize n'est toutefois pas un cas isolé. Une dizaine de petits et moyens cours d'eau genevois sont sous pression.

Des restrictions possibles sur l'Allondon

L'Allondon pourrait être la prochaine rivière concernée par des mesures de protection. Si son débit continue de diminuer, le canton pourrait prononcer une mise à ban du cours d'eau, interdisant temporairement la baignade, la pêche, les traversées ou encore la construction de barrages de galets.

Pour Maxime Prevedello, il faudra apprendre à vivre avec ces épisodes de sécheresse plus fréquents. «Il faut se préparer et se résoudre un peu à avoir des cours d'eau qui s'assèchent pendant l'été», estime le pêcheur. «Ensuite, il faut faire en sorte que ces cours d'eau soient le plus résilient possible, en aménageant des habitats qui peuvent accueillir les poissons pendant les périodes les plus sèches. C'est ce que l'on fait sur l'Allondon.»

Un plan à long terme

Justement, au-delà des mesures d'urgence, le Département du territoire prépare déjà la suite. Le canton poursuit la renaturation de plusieurs rivières et souhaite renforcer la loi sur les eaux afin de rendre les cours d’eau plus résistants aux sécheresse qui s’annoncent de plus en plus fréquentes.