Selon son avocat, Séverine Chavrier n’est pas licenciée
La décision de la Fondation d’art dramatique est contestée par la directrice de la Comédie. En congé maladie, elle a appris cette décision par la presse.
La directrice de la Comédie rend coup pour coup. Dans un communiqué diffusé en fin d’après-midi, son avocat, Me Romain Jordan, affirme que cette dernière n’a pas été licenciée. Vendredi dernier pourtant, la Fondation d’art dramatique (FAD) envoyait un communiqué après une journée rocambolesque pour avertir que la directrice avait été remerciée.
«C’est radicalement faux», écrit l’homme de loi. Il fait valoir que Séverine Chavrier n’a reçu aucune décision dans ce sens et que «tout licenciement prononcé en l’état serait quoi qu’il en soit nul, puisqu’elle est actuellement en incapacité de travail au vu des atteintes subies suite au comportement de son employeur.» De plus, Me Romain Jordan déplore la méthode utilisée par la FAD. Séverine Chavrier a en effet appris son licenciement par une question d’un journaliste de la Tribune de Genève envoyée à son avocat, et non au préalable par son employeur. Ce qui permet à Me Romain Jordan d’évoquer un «lynchage médiatique».
À priori, on peut penser que la FAD savait ne pas pouvoir licencier une employée en arrêt de travail. Il faut donc croire que cette annonce était davantage politique qu’autre chose. Depuis des mois, l’institution montre tous les signes de vouloir se débarrasser de la directrice, éloignée du théâtre en novembre.
«Nous allons porter plainte pour violation du secret de fonction»
Vendredi dernier, la FAD avait convoqué le Conseil de fondation aux aurores, pour lui communiquer le résultat de l’audit RH qu’elle avait commandé à une société privée. La diffusion de cet audit, qui devait être rendu public dans la journée, a été bloqué par la justice, sur requête de mesures superprovisionnelles de l’avocat de Séverine Chavrier. Mais avant que la décision de geler le document ne tombe, le Conseil de fondation avait voté en toute hâte le licenciement de la directrice à une large majorité.
Autant de procédés qui encouragent Me Romain Jordan à dénoncer ces faits tant aux autorités pénales que civiles. «Nous allons porter plainte pour violation du secret de fonction, notamment», réagit l’intéressé.
Au plan judiciaire toujours, la directrice accuse cependant un échec. Le Ministère public public genevois a classé sa plainte pour calomnie et diffamation, a révélé le journal en ligne Watson. L’intéressée visait les allégations de ses détracteurs, proférées de différentes manières. Elle a fait recours de cette décision.
Quelle que soit la suite de cette saga judiciaire, elle n’éteindra pas la saga politique, qui s’emballe. Le rapport de la Commission des arts et de la culture (Carts) ayant été publié vendredi, il sera débattu le 19 mai. Il réclame la réintégration de la directrice. Les regards se tournent désormais vers le Conseil administratif tout entier, dont dépend la FAD. Certains élus, très remontés par les méthodes de la FAD, appellent à une reprise en main, voire un démantèlement de l’institution. D’autres soutiennent mordicus la FAD. La tempête n’est pas près de s’arrêter.