Genève

Sur le G7, Monica Bonfanti affiche fermeté et vigilance

24.03.2026 11h50 Rédaction

bonfanti

À trois mois du G7 d’Evian, la commandante de la police genevoise revient sur les inquiétudes qui grandissent. Entre risques de débordements et critiques sur l’action policière, Monica Bonfanti se veut claire: «s’il y a des casseurs, nous interviendrons».

À Genève, le spectre du G8 de 2003 reste dans toutes les mémoires. Mais Monica Bonfanti refuse de céder à l’inquiétude. «La peur n’écarte aucun danger et par conséquent, la peur n’a pas sa place ici», affirme la commandante de la police.

Dès l’annonce du sommet en France, les autorités genevoises se sont mises en ordre de marche. «On s’est tout de suite mis à la tâche et préparer convenablement ce G7», explique-t-elle. Une préparation anticipée pour éviter de revivre les débordements du passé.

Circulation perturbée et dispositif renforcé

Le G7 aura des conséquences directes sur Genève , prévient Monica Bonfanti. La ville servira notamment de point de passage pour les délégations internationales, transitant par l’aéroport avant de rejoindre Evian, par voie terrestre, aérienne ou maritime. 

En parallèle, la police genevoise devra garantir l’ordre public sur son territoire. En phase de récolte de renseignements, le risque des manifestations reste réel. À ce stade, les informations demeurent partielles. «Il y a des groupuscules qui souhaitent venir à Genève protester», indique la commandante qui détaille que l'on «ne peut pas exclure» la présence de personnes violentes.

La manifestation féministe prévue le 14 juin suscite aussi des interrogations. «S’il y a trop de risques […] il s’agira de ne pas l’autoriser», tranche la commandante.

Une ligne dure, malgré les critiques

Sur la réponse policière, Monica Bonfanti se montre catégorique. «S’il y a des casseurs violents, nous interviendrons. Ça, c’est clair et net [...] avec la force qui est nécessaire pour faire face à cette situation». Une position assumée, malgré les critiques récurrentes sur les méthodes policières.

Les interventions des forces de l’ordre sont régulièrement pointées du doigt. La commandante rejette l’idée d’une police brutale. «La police ne veut pas casser du manifestant», insiste-t-elle. Après une manifestation tendue en octobre sur le pont du Mont-Blanc, «il y avait des choses qui n’ont pas fonctionné», admet Monica Bonfanti. La police n'a pas attendu la réponse médiatique pour œuvrer sur les marges d'améliorantions. Un travail a été mené en interne, notamment avec Amnesty International informe la commandante.

Chaque usage de la force est scruté. «Nos policiers utilisent la force […] 1’200 fois par année», détaille-t-elle. Une vingtaine de cas font l’objet d’analyses approfondies. «On n’attend pas une plainte pénale» pour enquêter, souligne la commandante.

À l’approche du sommet, la ligne est posée. Genève se prépare à accueillir cet événement sous haute tension, avec un objectif clair: garantir la sécurité sans céder à la peur.