Genève

Transactions immobilières, Pierre Bayenet se défend

18.02.2026 20h22 Rédaction

bayenet

Candidat au poste de Procureur général, Pierre Bayenet répond aux critiques liées à ses opérations immobilières, révélées dans Le Temps. Pointé du doigt, le Genevois réfute toute faute morale et garantit: «on ne peut rien me reprocher». Entretien.

En pleine campagne pour le poste de Procureur général, le candidat de gauche est dans la tourmente. Pierre Bayenet comprend que les faits soulevés «puissent interroger, affirme-t-il d’emblée, c’est pour ça que je suis là». Pour lui cette affaire est «très simple»: «Il y a des gens qui me devaient de l’argent et je me suis défendu pour qu’ils me payent», résume-t-il. 

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Avec ses transactions immobilières, Pierre Bayenet a-t-il commis une faute morale? Non, répond l'intéressé. «Ce n’est pas parce qu’on est propriétaire qu’on n’a pas le droit d’être de gauche et de défendre des intérêts de gauche», précise-t-il en estimant que ce reproche lui est fait en soupçon. 

À ceux qui dénoncent une attitude inélégante, Il réplique: «Les gens inélégants, ce sont ceux qui ne paient pas leurs dettes» et insiste «nous habitons dans un État de droit qui prévoit des processus pour récupérer les créances. J’ai utilisé les processus qui existent.»

«Ma candidature a plus de sens que jamais» – Pierre Bayenet

Sur la revente d’un appartement acheté 950’000 francs puis revendu plus de 1,3 million, Pierre Bayenet conteste toute spéculation. «Si je ne montais pas au front, je perdais mon argent», explique-t-il, évoquant cette créance à récupérer.

Le candidat au poste de Procureur général estime même avoir été le plus «cautionneux» possible en laissant aux anciens propriétaires du bien «tout le temps nécessaire pour déménager».

Selon lui, les intéressés lui auraient fini par lui ramener la clé en le remerciant. Même ligne de défense pour un studio de 26 m² loué 1’600 francs. «Quand c’est sorti, je me suis dit que c’était trop élevé, je l’ai descendu juste après», rétorque le procureur. 

Pas de passe-droits

Autre question sensible, l’obtention d’un appartement en coopérative à Meyrin pour Pierre Bayenet, alors que la liste d'attente pour obtenir un tel bien est de 10 ans actuellement dans le canton. «Ça fait exactement dix ans que j’étais sur la liste d’attente», affirme le candidat avant de renchérir «s’il y a des passe-droits, moi je n’en bénéficie pas».

«On vit dans un monde où un système économique existe. Je suis de gauche, je ne suis pas d'accord avec ce système éconmique, mais je vis dedans. Je trouve que tout le monde devrait être propriétaire de son appartement, je dois défendre mes droits», résume le candidat.

Ces polémiques fragilisent-elles cette candidature de gauche? «Elle a plus de sens que jamais», répond Pierre Bayenet qui rappelle vouloir «une justice plus efficace» et «au service de la population».