Genève

Trottinettes sur les trottoirs: des amendes rares

07.10.2026 18h24 Denis PALMA

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À Genève, les trottinettes électriques continuent de circuler sur les trottoirs et dans les zones piétonnes. Alors que 74 accidents les ont impliquées en 2025, le Conseil d’État fait état de seulement 16 amendes en douze mois pour ces comportements. La police défend toutefois une répression qui passe aussi par les contrôles et les saisies.

Sur les trottoirs ou dans les rues piétonnes, les trottinettes électriques se faufilent parfois à quelques centimètres des passants. Une pratique interdite qui alimente régulièrement les critiques.

Derrière ces incivilités, il y a aussi les accidents. En 2025, 74 accidents ont impliqué au moins une trottinette électrique à Genève. Parmi eux, 65 ont fait des blessés. Dans 56 de ces accidents corporels, le conducteur de la trottinette était considéré comme le principal responsable.

Seulement 16 amendes

Face à ces comportements, combien de sanctions? Dans une réponse à un député, le Conseil d’État fait état de 16 amendes en douze mois: 13 pour circulation sur un trottoir et trois dans une zone piétonne. Un chiffre qui interpelle alors que le gouvernement affirme ne pratiquer aucune tolérance.

À l’origine de la démarche, Jean-Marc Guinchard, député et président du parti Le Centre, dénonce ce qu’il considère comme un manque d’action de la police.

«16 amendes en une année, ça représente un peu plus d'une amende par mois. Et c'est absolument inconcevable quand on voit le nombre de trottinettes qui circulent sur les trottoirs et les zones piétonnes. Ici, en 10 minutes, j'en ai vu passer 6 et il n'y a pas un policier en vue. Donc je me demande clairement si pour la police, la répression de ces incivilités dues aux trottinettes et la protection des piétons, en particulier des personnes âgées, est réellement une priorité.»

Plus de 550 trottinettes saisies

La police cantonale conteste toutefois l'idée d'une faible répression. Elle explique que les amendes pour ces comportements sont principalement dressées par les polices municipales. De son côté, ses interventions sont comptabilisées dans des contrôles qui peuvent notamment déboucher sur la saisie des engins.

«On a plus de 550 trottinettes qui ont été saisies en une année. Donc ça montre clairement le travail de répression qui est fait actuellement par la police cantonale et qui comprend évidemment ces incivilités qu'on a constatées, que les gens constatent tous les jours», répond Alexandre Brahier, chef du service presse de la police genevoise.

Au total, 551 trottinettes ont été saisies: 202 par la police cantonale et 349 par les polices municipales. Parmi elles, 401 ont finalement été détruites. Les opérations policières ciblant la mobilité électrique ont également fortement augmenté.

«Depuis le 1er octobre, on a des enquêteurs de sécurité routière qui axent les contrôles, notamment sur le comportement. Donc tout ce qui touche à l'e-mobility en fait clairement partie. Sur les contrôles, on est passé en une année d'un seul à une dizaine cette année. Il y a une volonté concrète d'axer les contrôles en fonction des inquiétudes et du sentiment d'insécurité des citoyens», poursuit Alexandre Brahier.

Un décalage entre amendes et saisies que la police explique donc par sa manière de comptabiliser les interventions. Mais dans les rues, le sentiment d'impunité, lui, reste bien présent.