Un appel pour sauver la mémoire alpine genevoise
La Fondation Autrefois Genève et la section genevoise du Club Alpin Suisse lancent un crowdfunding pour numériser un fonds audiovisuel exceptionnel. Objectif: préserver et rendre accessible un pan méconnu de l’histoire locale.
Des bobines de films, des milliers de photos et de diapositives menacées par le temps. Face à l’urgence, la Fondation Autrefois Genève et la section genevoise du Club Alpin Suisse unissent leurs forces. «On a découvert des archives assez incroyables du Club Alpin avec des diapositives et des films anciens», explique Véronique Sala, responsable projets et communication pour la fondation. «Pour nous, c’était absolument indispensable de pouvoir préserver ceci et le rendre visible au public.»
Un patrimoine en péril
Le fonds est conséquent: «Il est constitué de 50 bobines, soit environ 100 heures de vidéos, mais aussi près de 10'000 photos et 6'000 diapositives», détaille Laurent Seydoux, président de la Fondation Autrefois Genève. Un volume important, mais fragile. «Il y a aujourd’hui un caractère d’urgence pour les sauvegarder en les numérisant.»
Le travail est minutieux. «Il faut nettoyer les diapositives, changer les caches, puis les scanner», précise Véronique Sala. À cela s’ajoute un travail de fond: «Ces archives n’ont de sens que si on peut retrouver des personnes, des lieux, des dates. C’est un énorme travail de documentation.»
Des images inédites de l’alpinisme
Au-delà du volume, c’est la valeur historique qui frappe. Le fonds retrace les débuts de l’alpinisme genevois, né en 1865. «Ce sont 13 personnes autour du général Dufour qui ont fondé la section pour explorer la montagne, notamment sur le plan scientifique», rappelle Laurent Seydoux.
Parmi les trésors: des images de l’expédition de 1952 dans l’Himalaya menée par Raymond Lambert et Tensing Norgay, ou encore les débuts de l’escalade au Salève. «C’est un fonds très important, précieux, inestimable», insiste-t-il.
Mobiliser le public
Pour financer ce chantier, un crowdfunding a été lancé en décembre. «L’idée, c’est de mobiliser une communauté et de la sensibiliser à l’urgence de sauver ce patrimoine», explique Laurent Seydoux. Le premier objectif de 20'000 francs est presque atteint. «On en est aux trois quarts.»
La campagne se termine le 1er avril. «Il faut simplement aller sur le site autrefoisgenève.ch», rappelle Véronique Sala. Au-delà des dons, l’enjeu est aussi symbolique: «C’est l’histoire de Genève.»