Genève

Un collectif dénonce une volonté politique d'interdire les manifestations lors du G7

17.03.2026 17h17 Gilles MIELOT

redac

À trois mois du G7 à Genève, le ton monte autour du droit de manifester. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent des prises de position politiques appelant à restreindre, voire interdire, les mobilisations prévues en marge du sommet. Pour ces associations, le droit de manifester est un pilier de la démocratie et ne peut être sacrifié au nom de la sécurité. Le PLR de son côté va déposer une résolution visant à interdire tout rassemblement. 

Donald Trump à quelques encablures de Genève avec les dirigeants des grandes économies occidentales historiques, en juin prochain, en pleines tensions internationales, les fleuristes ne risquent pas d’exploser leur chiffre d’affaires. Cette réunion et les manifestations qui l’entourent font craindre des débordements. C’était le cas en 2003, déjà à Evian pour les édiles, et à Genève pour les dégâts. De plus en plus de voix politiques s’accordent pour interdire les rassemblements, la Conseillère administrative en charge de la sécurité en ville de Genève dit non. Pour Marie Barbey-Chappuis il est judicieux de se poser la question compte tenu de la situation internationale. 

Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent ces prises de position politiques appelant à restreindre, voire interdire, les mobilisations prévues en marge du sommet. Une stratégie d’interdiction préventive qu’elles jugent à la fois illégale et inefficace. «Il y aura des rassemblements autorisés ou non, les autorités doivent permettre la tenue de manifestations, c'est leur rôle, c'est une obligation tant en vertu de la constitution que du droit international» indique Marc Morel, coprésident de la ligue Suisse des droits humains section Genève.

Un postulat qui ne convainc pas non plus les députés à l'image du PLR Jean-Pierre Pasquier «On a l'expérience malheureuse de 2003, il faut restreindre le droit de manifester, il va y avoir des débordements c'est couru d'avance, on ne peut pas avoir une seconde fois le chaos à Genève».

Le PLR déposera demain une résolution au Grand Conseil, pour demander au Conseil d’Etat de restreindre le droit de manifester durant le G7 et d’indemniser les victimes de déprédations. Un moyen de mettre la pression sur le canton qui a les cartes en main mais qui n’a pas dévoilé son jeu. La conseillère d’Etat en charge de la sécurité refuse les effets d’annonce. Carole-Anne Kast l'a écrit sur ses réseaux sociaux : « Même si ma conception du pouvoir n’est pas celle de l’esbroufe, j’admets que ma communication ne fait pas honneur au travail du DIN, promis on va faire un effort sur la mise en lumière »

Un éclairage attendu surtout pas les commerçants à trois mois d’un évènement dont les contours sécuritaires font toujours défaut.