Un négociant en vin abandonne une partie du vignoble genevois
Le négociant en vin Schenk annonce qu’il n’achètera pas la vendange 2026 de plusieurs vignerons genevois. Une décision lourde de conséquences pour un secteur déjà fragilisé. Faute de débouchés à court terme, certains viticulteurs se résignent à arracher une partie de leurs vignes.
Philippe Meylan a reçu le courrier il y a une semaine. Après près de quarante ans de partenariat, la maison Schenk n’ acquerra pas sa vendange 2026. Le négociant invoque une baisse de la demande et des stocks difficiles à écouler.
«C’est l’histoire d’une collaboration qui s’est nouée avec mon grand-père et s’est poursuivie avec mon père. C’est une page de l’histoire du domaine qui se tourne, ça fait un peu mal au cœur», confie le vigneron à la tête du domaine de la Guérite.
Arracher pour survivre
Face à l’impossibilité de trouver un autre acheteur en quelques mois, Philippe a pris une décision radicale: arracher deux hectares et demi de vigne pour reconvertir les terres en grandes cultures. Une solution de repli, rendue possible par la diversification de son exploitation.
«J’ai la chance d’avoir un domaine diversifié et d’autres acheteurs. Mais ça a un impact sur le tissu social: il y aura besoin de moins de main-d’œuvre. Ce sont des personnes qui n’auront pas de travail ce printemps.» regrette-t-il.
Selon la Tribune de Genève, qui cite Le Temps, 17 vignerons du canton seraient concernés par la décision du négociant. Au total, 7% de la production viticole genevoise est touchée.
Une crise viticole jugée sans précédent
Pour Lionel Dugerdil, membre du comité de l’Interprofession de la vigne et du vin, la situation est alarmante. «On vit une crise viticole sans précédent. Ces vignerons ne trouveront personne pour prendre en charge leur vendange en 2026. Les prix sont largement inférieurs aux coûts de production, et personne ne veut travailler à perte.» déplore-t-il.
Il refuse toutefois de désigner la baisse de la consommation comme seule responsable. «La production suisse ne représente que 30% de la consommation. On importe beaucoup trop de vin, et c’est la production la plus chère, la production suisse, qui en pâtit.» martèle le vigneron UDC.
Lionel Dugerdil redoute désormais des faillites dans les mois à venir. Pour le vignoble genevois, l’annonce de Schenk sonne comme un nouveau signal d’alarme.