Une coprésidence pour porter les ambitions du PS genevois
Les socialistes genevois, réunis samedi en assemblée générale extraordinaire à Genève, ont élu Amanda Gavilanes et Cyril Mizrahi à la tête du PS cantonal. Ambitieux, le duo entend poursuivre la dynamique électorale du parti et mise sur sa complémentarité. Entretien.
Le Parti socialiste genevois a une nouvelle direction. Élue samedi, la coprésidence formée par Amanda Gavilanes et Cyril Mizrahi succède à une période marquée par de bons résultats électoraux pour le parti, devenu la première force de gauche dans le canton.
Pourquoi avoir opté pour une présidence bicéphale? Pour Amanda Gavilanes, ce choix est avant tout politique. «On pense qu'une candidature bicéphale, c'est important parce qu'on représente à nous deux ce que le Parti socialiste a de plus cher, c'est-à-dire l'égalité et la représentation paritaire des hommes et des femmes.» Elle souligne également la nécessité de «mettre nos deux forces de travail à disposition» du parti à l'approche des élections fédérales et cantonales.
Cyril Mizrahi voit aussi dans cette formule un moyen de partager les responsabilités. «C'est une fonction qui est quand même assez exposée. Franchement, c'est très agréable de pouvoir être deux pour faire ce travail et pour faire face à la responsabilité.»
Défendre les acquis sociaux
Les deux nouveaux coprésidents veulent s'appuyer sur les succès récents du PS. Pour Amanda Gavilanes, le contexte politique renforce la nécessité d'un parti socialiste fort. «On voit qu'il y a de plus en plus de libertés fondamentales qui sont remises en question. On voit une recrudescence de la droite conservatrice qui émerge un peu partout.» Selon elle, le PS doit «préserver les droits qui ont été acquis de haute lutte» tout en revendiquant «activement une société progressiste».
Même tonalité chez Cyril Mizrahi, qui estime que le parti doit poursuivre sa ligne actuelle. «On voit qu'on était une force d'opposition et aussi de résistance. On voit que la population nous a suivi dans la plupart des cas en matière de référendum.» Il lance un appel aux électeurs de gauche: «Si vous voulez que cette politique que vous avez voulue dans les urnes se traduise aussi au Parlement, donnez-nous plus de force au Parlement et, si possible, une majorité de gauche.»
Unité à gauche
Interrogée sur la concurrence des formations plus à gauche, Amanda Gavilanes refuse d'y voir une menace. «Je pense que c'est une émulation intellectuelle et politique qui est indispensable.» Selon elle, les différentes sensibilités progressistes doivent pouvoir dialoguer et défendre ensemble des valeurs communes.
Cyril Mizrahi estime lui aussi qu'il existe «de la place pour la gauche de la gauche dans le Parlement». Il rappelle que les différentes forces progressistes se retrouvent souvent dans les mobilisations populaires, les référendums ou les initiatives.
Pour les nouveaux co-présidents, l'enjeu principal se situe ailleurs. «Ce n'est pas au sein de la gauche qu'il faut chercher des dissensions actuellement.» Amanda Gavilanes considère que la priorité est de «récupérer des sièges à la droite».
Cap sur 2027 et 2028
Les nouveaux coprésidents auront notamment pour mission de préparer les élections fédérales de 2027 puis les cantonales de 2028. Un exercice qui impliquera de gérer les candidatures et les équilibres internes du parti.
«On est là effectivement pour la conquête du pouvoir et on a le personnel politique pour ça», affirme Cyril Mizrahi. Le duo entend désormais transformer la bonne santé électorale du PS en nouvelles conquêtes dans les urnes.