Une journée nationale pour sensibiliser sur l'addiction à l'alcool
Jeudi marque la journée nationale sur les problèmes liés à l’alcool. Notre invité Christian Wilhelm appelle à dépasser les jugements sur la consommation et plaide pour une prévention axée sur l’accompagnement et le débat public.
La consommation d’alcool diminue en Suisse, mais les problèmes liés à cette substance restent bien présents. Christian Wilhelm, directeur de la Fédération genevoise pour la prévention alcool et cannabis (FEGPAC) de Carrefour Addiction, rappelle que le sujet se maintient toujours d’actualité.
«On vend un psychotrope et du coup, il y aura toujours des usages problématiques», explique-t-il. Selon lui, le débat se focalise trop souvent sur la question de l’alcoolisme. «Il y a beaucoup plus de gens concernés par une consommation problématique par moments, dans certaines situations, que d’alcooliques.»
Le thème choisi cette année, «Soutenir plutôt que juger», vise justement à changer le regard porté sur les consommateurs. Christian Wilhelm souligne que les proches comme les personnes concernées peuvent ressentir «de l’énervement, de la culpabilité et de la honte». Et cet énervement, cette culpabilité, cette honte, on la retrouve des deux côtés et ça se gère, affirme le spécialiste.
Libre de choisir ou librement influencé?
Une table ronde est organisée jeudi soir à Uni-Mail avec des représentants du monde politique, académique et scientifique. Le débat portera notamment sur une question centrale: «Libre de choisir ou librement influencé?»
Pour Christian Wilhelm, la prévention ne consiste pas uniquement à interdire. «Les 90% de la prévention, c’est quand même apprendre à gérer plutôt que de dire: il ne faut pas faire», rappelle le directeur de la FEGPAC.
Christian Wilhelm estime enfin que le débat autour de l’alcool doit également intégrer les enjeux économiques et culturels. «On aurait eu meilleur temps de se poser la question: est-ce qu’on est pour un commerce local ou des gros lobbies qui vont avoir les moyens d’influencer les comportements?» interroge-t-il.