Genève

Une "manif de riches" contre le salaire minimum étudiant

01.03.2026 18h35 Gilles MIELOT

redac

A une semaine des votations, dernier baroud d’honneur pour convaincre. Une manif de riches organisée par le comité contre la précarité étudiante a joué la carte de la caricature et du second degré. Slogans ridicules, fausses fourrures et bulles bon marché pour dénoncer la modification de la loi sur les relations de travail. 

Toute la panoplie de la bourgeoisie selon la gauche, escarpins, fausses fourrures et bulles bon marché pour caricaturer et dénoncer la modification de la loi sur les relations du travail soumise en votation ce dimanche. Une modification qui fixe le salaire à hauteur de 75% du salaire minimum cantonal obligatoire pour les activités professionnelles occasionnelles durant les vacances scolaires et universitaires par des étudiants. 

«On est là pour répondre avec humour aux arguments du patronnat à savoir qu'un travail d'étudiant ne mérite pas le salaire minimum, et c'est grave» argumente Téo Frei, étudiant et membre de Solidarités. 

A l’initiative de la Communauté genevoise d'action syndicale, la manifestation s’est tenue sur la place du Molard ce dimanche en fin d’après-midi. Les nombreux slogans volontairement ridicules sonnaient un peu creux faute de monde.

Un clin d’œil humoristique sur la forme, mais pas sur le fond. Cette modification de la rémunération minimale vise à lutter contre la pénurie d’emplois pour les étudiants et à ne pas pénaliser les employeurs. «Je comprends les difficultés des PME mais si l'idée c'est de remplacer un salarié pendant ses vacances, le salaire minimum genevois doit s'appliquer. Si on propose un premier job à un jeune, on pourrait alors l'engager sur des temps plus courts, mais au salaire minimum» défend Mireille Senn, Secrétaire administrative et politique à la CGAS.

Une douzaine de participants seulement, parmi eux, quatre étudiants directement concernés comme Roman, étudiant en musique : «ça représente un peu plus de 1100 francs si la loi passe, pour beaucoup d'étudiants, l'été c'est le moment de faire des réserves pour le reste de l'année, c'est important d'avoir un salaire complet».

Un happening dominical face à une majorité de touristes dubitatifs. Humour payant ou pas, verdict dimanche dans les urnes.