Va-t-on vers une légifération des nuisances sonores dans les transports publics?
Un appel bruyant, des vidéos regardées sans écouteurs, de la musique sur une enceinte. Dans les bus et tramways, ces comportements exaspèrent. Un député vaudois a déposé un postulat pour faire bouger les choses.
Un trajet calme, en bus, quand soudain, un passager écoute un message vocal sans casque. Selon une étude commandée par l’assureur AXA, 73% des usagers se disent agacés par ces nuisances sonores. Un constat partagé par ces voyageurs genevois: «Moi ça ne me plaît pas trop, je préfère que chacun respecte son environnement», répond une première. «On a le droit de parler à quelqu'un au téléphone, mais effectivement je pense qu'il faut savoir respecter les autres» relance un deuxième. «Lorsque je suis gênée ou lorsque des personnes signifient qu'elles sont gênées, on reçoit une grande agressivité de la part des gens qui sont sur leur téléphone», nous glisse une troisième.
Dans le canton de Vaud, un postulat a été déposé par le député vert Alberto Mocchi. Ils souhaitent une meilleure prévention, à terme, des amendes, même s'il faudrait que le canton se rapproche de la Confédération: «On voit de plus en plus de gens qui utilisent leur téléphone pour écouter de la musique sur les écouteurs, qui font des appels sur haut-parleurs. Et je pense qu'il y a des règles de vie en communauté qui doivent être respectées dans les transports en commun, déclare-t-il. Pour moi, ce n'est pas le but que d'aller punir les gens ou de mettre des amendes. C'est vraiment d'essayer de faire en sorte que ces comportements cessent de la même manière qu'on ne peut plus fumer dans les transports en commun depuis 2005. Et aujourd'hui, vous ne trouvez personne qui va s'allumer une cigarette dans un wagon.».
Genève mise plutôt sur la prévention et le savoir-vivre
Au bout du lac, les TPG ont instauré l'an passé des zones silence près des cabines de conduite et diffusent cette vidéo. Mais côté politique, un durcissement n'est pas envisagé. «Plus légiférer, mettre plus d'amendes plus fortes, plus hautes, ça n'est pas forcément la solution, répond Matthieu Jotterand, député PS et président de la commission des transports. C'est vraiment une question de vivre ensemble. Les campagnes de sensibilisation, aussi peut-être nous-mêmes, oser rappeler aux personnes à côté de nous d'utiliser des écouteurs, c'est peut-être déjà une première solution.»
Dans le Léman Express où il n'y a pas de zone silence, le bruit excessif est interdit avec un risque d'exclusion côté Suisse. Il est même amendable en France voisine, entre 135 et 750 euros.