Violences des ultras: Mauro Poggia réclame des mesures plus fermes
Après les débordements d'ultras du Servette FC, qui ont paralysé l'ouest du pays, le conseiller aux États Mauro Poggia hausse le ton. Il demande des mesures fortes, du billet nominatif à la reconnaissance faciale dans les stades.
Dimanche soir, les actes de sabotage des ultras servettiens ont paralysé le réseau ferroviaire de l’ouest du pays. Des dizaines de milliers d’usagers des CFF ont été touchés. «Tout le monde est évidemment outré par le geste et ses conséquences, qui sont dramatiques», réagit Mauro Poggia.
L'ancien ministre de la sécurité genevoise jusqu’en 2023 estime que les conseillers d'Etats en charge de la sécurité ont tardé à trouver un consensus sur la question des supporters ultras et de leurs débordements. Aujourd'hui, l'unanimité «à considérer qu'il faut prendre des mesures», reste que les équipes ne veulent «rien faire», selon le conseillers aux Etats MCG.
Billet nominatif et exclusions?
Parmi les pistes de sanctions plus coercitives défendues, le billet nominatif. Mauro Poggia soutient cette solution et délpore la position des clubs: «C’est compliqué, mais ailleurs on le fait et ça ne pose pas de problème. Ce sont les clubs qui ne veulent pas. Ils ont peur de perdre de la clientèle.»
Il rappelle que certaines personnes figurent déjà dans la base de données fédérale des hooligans. «Si au moins ces personnes pouvaient être interdites de stade, peut-être elles ne se déplaceraient même pas là ou il y a un match», estime l'élu national. Pour Mauro Poggia, les clubs doivent assumer leur part et un dialogue doit aussi se faire avec les équipes de sécurité cantonales. Il rappelle: «Ces ultras sont en contact avec les directions des clubs».
L'ancien conseiller d'État genevois irait plus loin dans les sanctions: «Peut-être aussi la reconnaissance faciale pour identifier les personnes exclues de stade. Mais avec cette sacro-sainte protection de la personnalité qu’on nous sert à toutes les sauces, y compris pour protéger les voyous, tout est retardé.»
Une volonté fédérale attendue
En septembre dernier, le Conseil des États avait accepté des motions pour renforcer la collaboration entre Confédération et cantons. Le Conseil national les a refusées. «C’était pourtant un premier pas dans la bonne direction», regrette Mauro Poggia.
Pour le conseiller aux États, le constat est clair: «les cantons et les polices cantonales ne peuvent pas seuls régler ce problème. Il faut leur donner les moyens, ne serait-ce que technologiques.» Il conclut en ajoutant qu'il faut mieux «ficher, même si le terme va faire bondir, ces hooligans dangereux pour éviter qu’ils ne contaminent le reste des spectateurs.»