Genève

Votation du 14 juin: les Genevois se prononcent sur deux dimanches d’ouverture des magasins

29.04.2026 18h49 Denis PALMA

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Le référendum contre l’ouverture dominicale des magasins, limitée à deux dimanches par an, sera soumis au vote le 14 juin. Annulée en novembre après un arrêt du Tribunal fédéral, la votation relance un dossier hautement conflictuel. 

Opposés au projet faute de convention collective, syndicats et partis de gauche ont distribué ce matin des cabas en centre-ville. Ils dénoncent une loi qui, selon eux, «ne répond pas aux besoins de la population».

«On ne touche pas au dimanche»

«Le dimanche, on débranche». Le slogan s’affiche sur les cabas pour sensibiliser les Genevois. Les syndicats maintiennent leur exigence d’une convention collective et martèlent: «On ne touche pas au dimanche.»


«Je pense que défendre le dimanche, ce n'est pas être rétrograde. Défendre le dimanche, c'est défendre du repos, de la santé et du temps pour vivre», estime Balmain Badel, secrétaire syndical Unia.

«C'est un véritable hold-up démocratique»

Prévue le 30 novembre, la votation avait été annulée par le Conseil d’État après un arrêt du Tribunal fédéral qui jugeait la loi non conforme au droit supérieur. Sept mois plus tard, la gauche et les syndicats dénoncent un scrutin flou et accusent l’exécutif de passer en force.


«Ils renoncent à des négociations, ils renoncent à déposer un nouveau projet de loi et ils biaisent le choix. Concrètement, les Genevois auront le choix de voter oui à l'ouverture des deux dimanches et s'ils votent non, la situation est considérée illégale par le tribunal fédéral. C'est un véritable hold-up démocratique et le Conseil d'État aujourd'hui passe véritablement en force pour ouvrir les dimanches et rompt tout partenariat social», dénonce le député PS Romain de Sainte-Marie.

Le Conseil d’État se défend

La magistrate en charge de l’économie défend deux ouvertures dominicales par an pour soutenir le commerce local face à la concurrence transfrontalière et au e-commerce. Selon Delphine Bachmann, l’enjeu du vote est clair, y compris si le non l’emporte: «On resterait avec le même texte qu'aujourd'hui, avec deux interprétations possibles. La nôtre, c'est que le tribunal fédéral nous permet d'ouvrir quatre dimanches comme c'est prévu d'ailleurs par le droit fédéral. Une autre interprétation est possible. C'est d'ailleurs celle qui est défendue par les syndicats. Mais j'aimerais rappeler que tout cela est expliqué dans la brochure et je pense que les électeurs et les électrices savent parfaitement comprendre l'enjeu et se déterminer le 14 juin prochain», affirme la ministre genevoise de l'économie.

Le désaccord juridique annonce de nouveaux bras de fer. En 25 ans, ce sera la sixième votation sur l’ouverture dominicale. Et en cas de oui, la gauche et les syndicats promettent déjà de poursuivre la bataille.