À Troinex, deux ans d’enfer avec un locataire qui ne paie plus
Une retraitée de 69 ans vit une situation pour le moins kafkaïenne à Troinex. Malgré une décision de justice ordonnant l’expulsion de son locataire, celui-ci occupe toujours une chambre de sa maison. Entre recours et délais de procédure, la cohabitation se poursuit sous haute tension.
À Troinex, une villa mitoyenne avec piscine ressemble à beaucoup d’autres du quartier. La propriétaire y loue trois chambres: une au rez-de-chaussée, deux au sous-sol. L’une d’elles est occupée depuis septembre 2023 par un homme d’une quarantaine d’années.
Mais depuis janvier 2024, il ne paie plus son loyer de 950CHF par mois. Après une longue procédure, la justice a ordonné en janvier son expulsion immédiate. Pourtant, rien ne bouge. Dominique Bernardet, la propriétaire, dit vivre un véritable calvaire.
«C’est l’enfer sur terre. Ça fait deux ans et demi que c’est l’enfer pour moi», confie la retraitée. Selon elle, les tensions sont permanentes. «Il appelle sans arrêt la police. Si je mets le déshumidificateur au sous-sol, il dit que ça l’étouffe. Des chaises sur la terrasse font de l’ombre dans sa chambre? Il appelle la police. Même le chien d’une amie qui l’a regardé droit dans les yeux l’a dérangé.» La police serait intervenue une dizaine de fois. «C’est insoutenable. Il fait fuir mes locataires.»
«Je n’ai aucun droit chez moi»
Dominique Bernardet espère désormais que son affaire fera jurisprudence. Elle souhaite que la loi protège davantage les propriétaires qui louent une chambre dans leur propre logement.
«Je veux qu’une personne qui loue une chambre dans sa maison soit protégée. On ne devrait pas avoir à subir quelqu’un dans sa vie privée sans pouvoir s’en débarrasse», estime-t-elle. Je suis chez moi et pourtant je n’ai aucun droit.»
Un loyer jugé trop élevé
Nous avons cherché à parler avec le locataire. Sans succès. S’il est toujours sur place, c’est qu’il a fait recours contre la décision du Tribunal des baux et loyers. Celui-ci lui a toutefois partiellement donné raison en ramenant le loyer à 450.-.
Son avocat, Me Guy Zwahlen, explique la suspension du paiement: «Il considérait que le prix était excessif et que les conditions d’hygiène dans la chambre située au sous-sol étaient problématiques, notamment en raison de l’humidité et de l’accès limité à la lumière naturelle.» Selon la défense, le locataire estime également ne pas avoir pu utiliser certaines parties communes pourtant prévues dans le bail.
Une procédure qui peut encore durer
Le locataire ne compte pas partir. Il en fait une question de principe. Entre recours et délais d’exécution, la procédure pourrait encore durer plusieurs mois, peut-être plus d’une année.
En attendant, à Troinex, propriétaire et locataire continuent de vivre sous le même toit. Une cohabitation sous haute tension.