Élection du procureur général: Pierre Bayenet remet en cause la neutralité de la police
À l’approche de l’élection du procureur général, prévue le 29 mars, une invitation de la Chambre genevoise immobilière fait réagir. La présence annoncée du procureur général sortant et d’un gradé de la police lors d’une séance d’information le 12 mars sur les cambriolages est jugée problématique par son principal concurrent, qui y voit une atteinte à la neutralité de la police.
Tout part d’un flyer de la Chambre genevoise immobilière. Le document convie ses 4000 membres à une séance d’information sur les cambriolages, le 12 mars prochain. Un lieutenant de police doit y présenter les mesures de prévention, avant une intervention d’Olivier Jornot, procureur général et candidat PLR à sa réélection.
«Une impression de soutien politique»
À la lecture de l’invitation, Pierre Bayenet, l’autre candidat au poste de procureur général, se dit choqué. Selon lui, la configuration de l’événement brouille la frontière entre information institutionnelle et campagne électorale. «La police n’a pas l’intention de soutenir Olivier Jornot, mais elle en donne l’impression en envoyant un représentant dans un cadre qui lui est favorable. Dans une démocratie, ce n’est pas acceptable», affirme-t-il.
Policier, député MCG et membre de la Chambre genevoise immobilière, Thierry Cerutti rappelle que l’association se veut apolitique. Il regrette l’absence de Pierre Bayenet à cette séance d’information. «Les 4000 membres ne sont pas tous PLR. Il serait normal que chacun puisse entendre son candidat, y compris celui de la gauche réunie», souligne-t-il.
La CGI assume, le PLR relativise
Face aux critiques, la Chambre genevoise immobilière assume son choix. Elle invoque sa liberté de désigner ses intervenants sur un thème qui suscite, selon elle, une forte inquiétude parmi ses membres.
Du côté des soutiens PLR d’Olivier Jornot, on reconnaît une maladresse dans la communication, sans y voir de problème de fond. «Mentionner qu’il est candidat était peut-être maladroit, mais sur le reste, il n’y a rien à redire», estime Pierre Nicollier, président du PLR Genève.
Retrait du policier gradé
Contacté, Olivier Jornot n’a pas souhaité faire de commentaire. Le service de presse de la police confirme en revanche que la tenue de cette séance, le 12 mars, soit dix-sept jours avant l’élection du 29 mars, ne garantit pas la neutralité de l’institution. Il précise ne pas avoir mesuré initialement la proximité avec le scrutin et annonce le retrait de la participation du policier gradé.